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Guerrante Renzo Marinai Panzano 2004

Achat: Caviste dont le nom a été oublié, Florence

Prix: 33 euros (outch!)

Pays: Italie

Région: Toscane

Apogée: 2011

Mise en contexte:

Le site Internet ne nous apprend pas grand chose sur leur histoire en tant que producteur de vin. Le vignoble est situé à Panzano et a une superfie de 30 hectares sur lesquels sont cultivés raisins, blé et oliviers. On peut y séjourner et y déguster leurs différents produits: chianti classico, chianti classico reserva, vin santo, guerrante, etc. Ce qui est intéressant c’est que les bouteilles sont numérotées, nous avions donc la bouteille # 0469 🙂

Maintenant, transportons-nous en Italie.

Fermez les yeux. Imaginez les rayons du soleil sur votre visage, l’odeur de la pizza, des pâtes fraîches, de la pierre, bref des vacances en Italie. Normalement, vous ne devriez pas avoir lu ces lignes vu que vous étiez censés avoir les yeux fermés… Tricheurs! 🙂  Mais bon, maintenant que nous sommes en Italie, vous errez dans une petite rue pavée où s’entassent les petites boutiques, les restos avec leurs serveurs exubérants. Derrière vous, l’imposant Dôme se dresse majestueusement, grimaçant aux nombreuses années qui n’ont pas su lui enlever toute sa splendeur. Et oui, Florence vous accueille les bras ouverts au coeur du Chianti et qui dit Chianti dit vino! Alors nous entrons chez ce caviste dont j’ai oublié le nom mais où les innombrables bouteilles s’entassent et où la belle Maria (bon j’ai encore là, aucune idée de son nom, mais je trouve que toutes les belles italiennes devraient s’appeler Maria) nous invite à consulter son inventaire de bouteilles. Nous lui expliquons que nous cherchons quelque chose de spécial, de typique de la région et de très bon évidemment. Le budget? Bon ce sera notre souvenir florentin donc disons entre 30 et 40 euros. Elle nous entraîne dans les profondeurs de sa cave où les bouteilles un peu plus dispendieuses nous attendent. « Ce vin là sera perfecto »! Pour 33 euros, on le souhaite, on l’achète et nous ressortons le coeur heureux et les poches un peu moins pleines.

Cette bouteille, nous l’avons chérie pendant plus de 2 ans, attendant la bonne occasion, mais aussi, selon les conseils de Maria, qu’elle vieillisse un peu. La bonne occasion se présente, de même que l’âge requis; go go go, on se lance et nous ouvrons. Très brève gorgée anxieuse; ouf, elle n’est pas bouchonnée. Envoye dans la carafe!

1 heure plus tard….

Le steak est prêt, petite musique jazz d’ambiance, les papilles et le nez alertes, je sens. Spécial, mais l’expérience m’a appris qu’un vin peut ne pas être inspirant du nez mais totalement satisfaisant dans la bouche. On sent le tabac, l’humidité, l’automne. C’est difficile à décrire, mais ce sont les deux arômes qui ressortent le plus. Au goût, malheureusement, il est fidèle à son nez. Très minéral, il goûte la roche mouillée, les feuille d’automne après la pluie. Bon vous allez dire; hey Beaudelaire, ça suffit, mais c’est vraiment ça que ça goûte! De plus, il est un peu astringent, à la fin du souper il le sera moins, peut-être aurions-nous dû le carafer 1 heure de plus? Certains vins nécessitent plusieurs heures d’aération… Bref, je suis déçue. Je m’attendais à une explosion de saveur comme peuvent le faire les Chianti, ce n’était pas ça. Je m’attendais à du gros fruit rouge et mûr, ce n’était pas ça non plus. Par contre, il accompagnait bien notre souper car il s’est bonifié lorsque dégusté avec la nourriture.

Mais il y a une chose qu’on ne peut enlever à ce vin, c’est le savoir faire qui se cacher derrière celui-ci. Les notes de dégustations ne répondaient pas à mes goûts certes, mais ça n’enlève rien à la qualité du produit. Il était très gras, bien équilibré et il évoluait avec le temps. À la fin, on distinguait un côté cacao amer, il était moins astringent, le côté boisé dominait plus. Peut-être avons-nous été trop pressés? C’est l’expérience qui rentre comme dirait l’autre, mais ça nous a coûté 33 euros…. Par contre, et c’était le but, lorsque nous avons bu ce vin, notre voyage en Toscane nous est revenu presque comme si nous y étions et ça, ça n’a pas de prix. Ça aurait été la même chose avec une gugusse à 5 euros dans une boutique de touriste? Je ne crois pas car lorsque tu parles vin avec des Italiens, que tu entres dans leurs boutiques, que tu parles de tes goûts, que tu sens, que tu goûtes et que tu vis avec eux, tu pénètres dans leur monde et il s’offre à toi mille possibilités. Ce vin valait 33 euros, mais il n’était pas à mon goût. Disons alors qu’il m’a offert l’occasion d’en apprendre un peu plus sur mes goûts d’alcoolique 🙂