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Chez l’épicier

2e partie de mon cadeau de Noel, nous avons bravé le froid (non, mais on gèle!!!!) et nous sommes dirigés vers le vieux Montréal, direction chez l’épicier. Le nom vous dit peut-être quelque chose sinon celui de Laurent Godbout, le chef de l’endroit qui a participé à l’émission Les Chefs à ses débuts. Bref, la réputation est là, l’endroit est magnifique, idéalement situé devant le marché Bonsecours, mes attentes sont bien installés, tout comme nous dans la confortable banquette avec vue sur la rue enneigée.

Comme je le disais, le resto est superbe avec ses murs d’époque en pierre, ses banquettes en cuir, lumières tamisées et grandes vitrines donnant sur la rue.

Mais le service est frette et pas du tout personnalisé malgré nos tentatives de connecter avec la sommelière. Elle arrive, nous sert nos assiettes, récite ses deux phrases sur le vin en un seul souffle et repart. Bon, pas grave, mon amoureux suffit amplement à réchauffer l’atmosphère de notre souper.

On commence en force avec une douzaine d’huîtres à partager et un petit mousseux rosé. Impossible que ce ne soit pas bon 🤷🏻‍♀️

Comme il y en avait un, nous avons choisi le menu dégustation: 90$ pour 8 plats, pas si mal. Nous prenons aussi l’accord avec les vins. Petite déception ici aussi, je n’ai pas aimé plusieurs vins et je trouvais souvent que l’accord n’apportait rien, ni au plat, ni au vin…

Le premier service était un dashi. Un merveilleux bouillon versé sur des petits champignons et des cœurs de poulet confits et servis en tranches. Ne levez pas le nez, la texture est très bien et c’est délicieux! Bref, une bonne soupe qui réchauffe et réconforte.

Suivait ensuite un morceaux d’esturgeon fumé, accompagné d’une crème de patate et œufs de poisson. Mention spéciale pour la crème qui était délicieuse. Autrement, ce plat était correct malgré que j’ai trouvé une énorme arête dans mon plat.

Puis, on nous servi un tataki de loup marin, purée d’ail noir et de topinambours avec ses chips de sarrasin. Plat original où les chips ajoutent du croquant et un goût salé intéressant.

Suivi après mon plat préféré de la soirée: tartare de filet mignon classique surmonté de poireaux frits. Il était franchement merveilleux, bien assaisonné.

Vient alors le temps du plat de résistance: un effiloché d’agneau enveloppé de feuilles d’oignons dans un bouillon au cumin. Le plat principal, vraiment? Trois minis bouchées, pas de légumes, on a commandé une autre entrée parce qu’on avait mangé 4 plats et avions l’impression de n’avoir à peu près rien mangé. Les photos sont prises hyper proche, on parle ici plutôt de bouchées que de plats.

Nous avons arrêté notre choix sur les pogos de canard. Pas décevants du tout, accompagnés d’une moutarde maison, nous avons eu l’impression, pour la première fois du repas, de manger quelque chose de consistant.

La fin approche et on nous amena une petite bouchée de foie gras, servie avec pommes pochées. Très bon, nous aurions bien aimé avoir un vin pour l’accompagner. La sommelière arrivera lors de notre dernière bouchée avec unTokaj hongrois. Bon, mais ça aurait été mieux pendant. On nous offrira un verre de vin supplémentaire pour compenser.

Nous continuons ensuite avec le pré dessert, une glace à la pomme, surmontée de caramel salé. Bon, mais en plein hiver, j’aurais opté pour quelque chose de moins glacé.

Le dessert sera un de mes plats préférés à cause de son originalité. Une tarte fine avec une garniture de fromage, poire, poivre et coriandre. C’était vraiment bon, mention spéciale à la croûte et très rafraîchissant sans être froid à cause du poivre et de la coriandre fraîche.

Est-ce qu’on y retourne? Honnêtement, j’ai été déçue. Premièrement, les portions étaient microscopiques. Ensuite, à part le tartare et le dessert, aucun des plats ne m’a jeté par terre. Pour le prix et la réputation de l’endroit, je m’attendais à plus. Aussi, et c’est peut-être insignifiant comme commentaire, mais tous les plats sont servis dans des assiettes très foncées, avec les lumières tamisées, on voit à peine ce qu’on mange. Finalement, comme mentionné plus haut, le service, sans être impoli ou inadéquat, était aussi ordinaire que la plupart des plats. Alors qu’il existe tellement de bons resto à Montréal, je dirais platement d’aller voir ailleurs avant d’aller Chez L’épicier.

La Chronique, rue Laurier, Montréal

Pour Noël, mon chéri m’a offert de découvrir, une fois par mois, un restaurant et cela, pendant toute l’année 2019.

C’était notre première date vendredi dernier et j’avoue que j’étais vraiment énervée. Il s’était occupé de tout, de la réservation jusqu’à la gardienne. C’est donc en ayant quasi l’impression d’être en vacances que nous avons quitter tranquillement le bureau.

Arrivés un peu d’avance (!!!), nous avons pris place dans le petit resto où peuvent s’asseoir à peine une trentaine de personnes. Il est tôt et il n’y a pas beaucoup de monde. Qu’à cela ne tienne, ce ne sera pas long que la place se remplira et qu’une ambiance chaleureuse et animée s’installera.

Petit apéro, on nous offre un petit cake au jambon et olives, ainsi que des pains faits maison savoureux.

Nous optons pour le menu dégustation avec l’accord de vins. Ce n’est pas donné, mais nous en aurons pour notre argent. 7 plats, mais finalement 9, 7 vins mais finalement plus, chaque service sera merveilleux, autant pour le palais que pour les yeux.

On nous apporte ensuite une autre bouchée: un royal au fois gras sur pain brioché, chutney de courge et son caramel salé. Heureux mélange sucré -salé, la table est dressée!

Le premier plat fut sans doute un de mes préférés! St-Jacques (qui est une sorte de pétoncle) accompagné d’une purée de panais des plus crémeuses, chips de nori, suprêmes d’agrumes, sur un jus de clémentine réduit. C’était tellement beau et bon, c’était fou. Le vin qu’on nous a servi, un Bourgogne aligoté 2016, était tout simplement magique.

Le deuxième plat, des pâtes à l’encre de sèche, surmontées de chair de homard, maïs, et caviar, le tout accompagné d’une sauce style bisque et son écume citronnée, ne nous a pas déplut non plus! C’était savoureux et réconfortant.

Ensuite, nous avons eu droit à des salsifis (ça rappelle un peu la carotte) en trois façons (à la carbonara, en purée assaisonnée à la truffe et tout simplement grillée). Original, ça accompagnait parfaitement le filet de bar, cuit à la perfection. Une chaire douce et ferme qui se défaisait délicatement en flocons. Encore une fois, délicieux.

Suivaient ensuite des ris de veau, frit et servis avec cube de fois gras mi-cuit et chutney de courges. Plat un peu plus costaux, c’était tout de même très bon, le velouté du foie gras se mêlant bien à celui des ris de veau.

La pièce de résistance, l’agneau de Kamouraska, servi en trois temps et accompagné de chou servi également en trois façons différentes, est celui qui m’a moins plus. Si le filet d’agneau était tendre et délicat, je n’ai pas apprécié la boulette d’effiloché qui avait un goût assez prononcé. La longe d’agneau, quant à elle, ne m’a pas procuré d’émotions particulières. Les choux étaient par contre fabuleux et le tout allait parfaitement avec le vin rouge proposé. L’assiette était également très belle.

Suivirent enfin l’assiette de fromage québécois où Charlevoix était à l’honneur (Migneron et Ciel), ainsi que le dessert. Le chef a su nous finir ça en beauté avec un petit sucré frais, délicat et original pour bien finir notre superbe souper.

Nous avions donc des tuiles de pavlova, servi sur une glace aux litchis et accompagnés de fruits tropicaux. Ça semble simple, mais croyez-moi, c’était merveilleux.

Le sommelier, Jonathan, a pris soin de nous toute la soirée, nous partageant sa passion du vin et nous faisant découvrir de nouvelles saveurs. Il nous a également mis au défi de deviner à l’aveugle certains des vins que nous avons dégusté. Nous étions pourris, mais nous avons eu beaucoup de plaisir.

On y retourne? Certainement!

L’Atelier de Joel Robuchon, casino de Montréal

Joel Robuchon est rien de moins que le chef le plus étoilé de l’histoire de la gastronomie.  Il détient au total 30 étoiles Michelin, a reçu le titre de chef cuisinier du siècle et accumule les récompenses au fur et è mesure qu’il ouvre des restaurants.  Et nous sommes chanceux, il a ouvert, en décembre dernier, son premier établissement au Québec qui a trouvé résidence au Casino de Montréal.

Premièrement, les réservations sont de mise (casino, jeu de mot!!!), la popularité du chef le précédant.  Ensuite, si vous y allez à un moment ou le casino est prisé (genre le vendredi ou le samedi soir), calculez beaucoup de trafic pour vous rendre.  Le valet vous est gracieusement offert, alors ça vaut la peine.

Situé dans le pavillon du Québec, le restaurant aux lumières tamisées (peut-être un peu trop) est dans les teintes de rouge et de noir, parfait pour un souper à la Cinquante nuance de Grey 🙂 Un grand comptoir entoure la cuisine, ouverte, ou les convives peuvent assister à l’élaboration, très complexe, des plats.  Petit conseil, choisissez une place au comptoir lors de votre réservation pour pouvoir assister au spectacle.  Un serveur est aussi présent en permanence, assurant un service plus que personnalisé.

Évidemment, on sort le portefeuille pour les grandes occasions ou pour se faire plaisir. Le prix est à la hauteur de la réputation de M.Robuchon, mais attention, ce n’est pas surfait, vous allez réellement vivre une expérience ou l’expression art culinaire prend tout son sens.  Je n’ai jamais vu d’aussi belles présentations et lorsqu’on jette un coup d’œil à la cuisine, on comprend, avec 4-5 cuisiniers sur une assiette avec leur pince à sourcil et leur micros instruments, pourquoi l’assiette est aussi belle et toujours chaude.

Nous avons opté pour le menu découverte de saison à 175$, 9 services plus l’accord met et vin a 100$.  L’accord est peut-être ma seule petite déception dans le sens ou les vins qu’on nous a offert, en quantité assez généreuse, ne m’ont pas jeté par terre, ni pour leur gout, ni pour la façon dont ils allaient avec les plats, si vous voulez mon conseil, prenez vous 2-3 verres à votre gout, ce sera moins cher.

Nous avons commencé avec un shooter d’une royale crémeuse au foie gras, voilée d’une émulsion au parmesan et au Maury.  Très bon, avec du foie gras au fond et un gout de parmesan bien prononcé, c’est le seul plat que je n’ai pas pris en photo 😉

Suivait ensuite le saumon bio en tartare recouvert de caviar de Colombie-Britannique et d’une feuille d’or 24k.  C’est clairement un des plats les plus luxueux que j’ai mangé de ma vie.  Par contre, le tartare de saumon était bon, sans plus.  Le caviar était quant à lui, délicieux tout comme les croutons et la feuille de persil frite qui l’accompagnaient.


Fred qui avait choisi l’autre menu dégustation, à 150$, s’est vu offrir un oeuf mollet, farci de caviar et de saumon fumé.  Cette assiette m’a jeté par terre à cause des détails et du gout, un gros wow pour ce plat!


Ensuite, on nous a servi une St-Jacques cuite à la perfection avec une salade d’endives, beaucoup trop amère à mon gout, dommage car le pétoncle était vraiment bon. C’est le plat qui m’a le moins impressionné.


Fred s’est plutôt régalé d’une délicieuse tartelette fine à la truffe noire, beau et bon.


J’ai ensuite mangé une généreuse portion de potage à la châtaigne avec son nuage à la cardamome.  C’est exactement pour ce genre de plat que j’aime aller au restaurant: quelque chose que je ne pourrai jamais faire dans ma cuisine.  Réconfortant, onctueux, c’était très bien.  Par contre, ça a pris beaucoup de place dans mon estomac, j’aurais peut-être ajouté un granité pour faire descendre le tout.  L’alcool et l’heure tardive ajoutant un aspect lourd au repas.


Le homard grillé et ses croutons au poivre de malabar, accompagné de jeunes épinards au wasabi était très bon, la sauce a même été finie avec les petits pains maison, même si je n’avais plus faim.


Suivait ensuite un morceau de flétan en tempura sur un risotto tout simplement dément à l’encre de sèche.  Je ne m’attendais à rien de ce plat et finalement, il était fameux.

Nous avons pris une pause avant de continuer vers le plat de résistance: cerf de Boileau façon Rossini pour moi, caille farcie au foie gras pour Fred.  Le cerf fut mon plat préféré, c’était génial et délicieux et pour être sur de nous achever, on nous a servi une petite portion des pommes de terre pilées façon Robuchon.

Le parfum des iles, le pré-dessert, a été le bienvenu.  Frais, il a donné un 2e souffle à mon estomac, lui permettant de se reprendre pour le dessert. C’était un genre de sorbet aux fruits tropicaux surmonté d’une légère crème à la noix de coco.  On croyait que c’était le dessert, mais non!


Le rubis, magnifique coupe, composée d’une sauce aux fruits rouges avec en son centre une gelée Calpico aux mures, c’était merveilleux de voir le travail du pâtissier, qui est venu nous saluer, dans ce tout petit dessert.  Alors que nous nous effondrâmes sur le comptoir, repus et heureux, la charmante serveuse nous annonça qu’on nous offrait un verre de sauterne et une sélection des desserts que nous n’avions pas goutés.  Nous voila donc avec 3 desserts pour 4, tous aussi bons et beaux.  J’ai gouté pour la forme, mais en toute honnêteté, je n’étais pas capable. Mention spéciale au chocolat en 12 façon et au dessert que nous avons affectueusement nommé la maison des Schtroumphs tellement c’était bon et mignon.


Est-ce que je retournerai à l’Atelier, je l’espère bien.  Le personnel a été tellement gentil, on nous a même fait visiter la cuisine et la nourriture, exceptionnelle tant par sa beauté que par son gout.  Je vous le recommande si comme moi, vous êtes des amoureux de la table.

Europea, 1227 de la montagne, Montréal

Je ne pouvais pas passer sous silence que j’ai eu la chance d’aller me délecter à l’Europea, quasi mythique restaurant de Jérome Ferrer.  Classé Relais & Châteaux, ce restaurant affiche quasiment toujours complet et les réservations sont de mises.  C’est ce que nous avions fait, 3 mois plus tôt et c’est avec deux couples d’amis que nous avons assisté à ce spectacle gastronomique.

Nous avons tous opté pour le menu dégustation de 12 services, tant qu’à y être, nous le ferons en grand! 120$, sans les vins, ce qui, très honnêtement, est bien raisonnable pour ce qu’on nous a servi.  Vous pouvez ensuite choisir l’accord avec les vins; 3 options s’offrent à vous, variant entre 75$ et 225$ pour cinq verres généreux, qui sont à l’occasion remplis une seconde fois.  Raisonnable comme je suis, j’ai choisi l’accord de base et je n’ai pas été déçue: des vins délicieux s’accordant parfaitement avec ce qu’on a mangé.  Fred, plus audacieux y est allé pour la totale et n’a pas été déçu non plus.  Je ne me rappelle pas exactement de tous les vins, mais pour accompagner le foie gras, on lui a servi un château d’Yquem 1996 et avec son dessert, un verre de champagne Dom Pérignon 2004.  Si nous avions acheté ces deux bouteilles à la SAQ, cela aurait couté plus cher que notre repas en entier, taxes et pourboire inclus pour nous deux!

Je n’ai pas pris de photo.  Honnêtement, j’aurais passé la soirée à le faire si je m’étais lancé là-dedans parce qu’en plus des 12 services, on vous apporte des surprises entre les plats, des petites bouchées où la mise en scène est tout simplement géniale et surprenante.

Le service est impeccable.  L’équipe est jeune et dynamique, professionnelle sans être snob ou guindée.  On se sent chez soi, on peut rire fort, avoir du plaisir tout en mangeant la meilleure nourriture qui soit.  Le meilleur des mondes quoi!  Le jeune sommelier était aussi très sympathique, connaissait bien ses produits et était tout à fait disposé à répondre à nos questions.  Il faut aussi dire que les serveurs travaillent très fort et ils sont en grande partie responsables de la bonne ambiance et du spectacle qu’est chaque service.  Ici, le serveur ne se limite pas à déposer votre assiette sur la table; il participe directement à la présentation du plat.  Il fait griller les pétoncles, ajoute une touche de sauce ici, du chocolat fondu sur le dessert, etc.

Je ne vais pas commenter chaque plat de notre menu dégustation, autrement ce serait vraiment redondant avec les mots magnifiques, délicieux, parfait, etc.  Je crois que vous avez compris qu’on a adoré notre soirée et bien que ce ne soit pas bon marché, je crois que mon repas valait chaque dollars qu’il m’a couté et ça, c’est tellement important.  Payer 150$ pour des pâtes avec un peu de vin ordinaire chez Pacini me révolte.  Payer quelques centaines de dollars pour un repas comme ça, qui met en valeur des produits frais, locaux et de saison et qui respecte son client en étant généreux et attentionné, aucun problème pour moi.  Certains dépensent pour des peintures ou des sculptures, moi je dépense pour une autre forme d’art, celle de la gastronomie.

Voici notre menu:

– Cappuccino de crème de homard à la purée de truffe
– Risotto sanguin aux crevettes du Nord Atlantique et betteraves. Jeunes pousses d’épinard et jus de citronnade. Croustilles et écume de fleur de lait
– Calamar citronné et structuré en tagliatelles. OEuf de caille poché, croutons d’encre de seiche au beurre à l’ail (nous avons remplacé ce plat par des pétoncles accompagnés d’une merveilleuse soupe au chou0fleur et la truffe)
– Tronçons de foie gras au torchon maison, croustillants de langoustines aux herbes fraiches. Caramel d’agrumes. Smoothie carotte, pomme verte-gingembre. Son pain brioché
– Filet de bar cuit sur peau à la vapeur et aux agrumes dans une cocotte de foin. Spaghettis de betterave, feuilles d’oseille pochées au jus de pamplemousse et oseille sanguine
– Brume des glaces
– Poitrine de poule de Cornouailles en coque de terre d’argile à briser par vos soins. Pommes de terre au beurre baratté, tiges de salsifis et champignons. Jus de viande aux herbes fumées
– Sundae de bœuf braisé et béarnaise. Jus de civet et pomme parmentière
– La cave à fromages de l’Europea : sélection de près de 100 fromages du Québec à découvrir
– Passeport pour la gourmandise en plusieurs tableaux
– Gourmandises et friandises par excès
– L’arbre à sucreries de Sainte Culpabilité

Une amie avait déjà pris le menu dégustation il y a quelques années et m’avait vendu quelques punchs.  Mon seul petit bémol serait de dire que ces punchs n’ont pas changé.  Alors si j’y retourne, dans quelques années, j’espère qu’ils auront été revisité depuis.  Autrement, si vous avez une occasion particulière, ou une envie de vous gâter, allez sans hésitation manger un des meilleurs repas de votre vie à l’Europea.

 

Bouillon Bilk, 1595 boul. St-Laurent, Montréal

Hé non, je ne suis pas morte! Seulement tellement occupée que je néglige un peu mon blog…  Je ne pouvais pas passer à coté du Bouillon Bilk sans vous faire part de mes impressions 🙂

Resto sur la rue St-Laurent, Bouillon Bilk existe depuis 2011. Lorsqu’on entre dans l’endroit, on ne pourrait pas dire exactement comment on se sent.  Je trouve que ça manque un peu d’ambiance.  Le décor est un peu froid, l’accueil n’est pas vraiment chaleureux, mais c’est bondé de monde.  Il y a un grand bar au centre de la pièce. Notre serveuse, sera beaucoup plus sympathique que l’hôtesse qui nous aura assigné une table.

Les verres d’eau arrivent de même que 2 grosses tranches de pain, surement maison, dense et moelleux à souhait.  Par contre, une quantité ridicule de beurre non salé les accompagne. Bon pour mes fesses, moins dans ma bouche par contre.

Quand nous visitons ce genre d’endroit, qui nous a, soit dit en passant, chaudement été recommandé et qui se classe parmi les meilleures tables de Montréal sur TripAdvisor, on laisse la cheaperie de côté et on se lance.  Autrement, comment bien apprécié l’endroit si on se limite trop?  Nous avons donc commencé le repas avec une douzaine d’huitres fraiches sur glace. 10 de la côte Est et deux de la cote Ouest (pour Fred car je ne les aime pas tant).  Servi avec trois sauces maison: une aux tomates et raifort, une mignonnette vinaigre de vin blanc et rhubarbe et une mignonnette classique.  Très bon.

Nous continuons avec les entrées et commandons chacun un verre de vin, un Riesling pour moi et un côte de Beaune (je ne suis pas certaine…) pour Fred.  Des importations privées, correctes, mais sans plus.  Je me laisse tenter par l’entrée du moment: un sashimi de thon rouge de la Nouvelle-Écosse avec fraises, basilic, feuille de Nori croustillante, petit pois et une mayonnaise aux fèves fermentées. Beau pour les yeux, délicieux dans la bouche, mais j’avoue que la portion m’a laissé perplexe, c’était minuscule et pour le prix, on était en droit de s’attendre à quelque chose d’un peu plus consistant! Le thon fondait dans la bouche et le sucré de la fraise et la fraicheur du basilic offrait un agréable rafraîchissement en ce soir de canicule.

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Fred a opté pour le tartare d’agneau aux épices berbères, aubergines, fleurs de courgette grillées, pêches et fromage frais.  C’était bien, on goutait les accents maghrébins du plat, mais il manquait un petit quelque chose, une épices, un sel, qui aurait rehaussé le goût des aliments.  Portion un peu plus rassasiante, encore une fois, l’oeil se régalait autant que le reste face aux détails et à la confection de l’assiette.

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Mais le clou de la soirée revient aux repas principaux que nous avons choisi.  J’ai jeté mon dévolu sur la poitrine de pintade, sauce crémeuse aux morilles, copeaux de foie gras, purée de mais, pêches fraiches.  Honnêtement, j’ai dû faire mon deuil lors de ma dernière bouchée.  La pintade rôtie sur un coté, juteuse et tendre dans l’ensemble était délicieuse, mais que dire de la sauce! De grosses morilles sur ma pintade, des saveurs qu’on ne mange pas souvent, fabuleux. J’ai redemandé du pain pour nettoyer mon assiette c’était trop merveilleux. Les légumes, croquants et le fair gras, fondant complétaient l’assiette pour un maximum de saveurs et de textures.  Franchement, c’est surement un des meilleurs plats que j’ai mangé dans ma vie, rien de moins!

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Mon chéri n’a pas été déçu non plus par son plat.  Trois énormes pétoncles, cuits à l’unilatérale, fondant et savoureux dans une sauve hollandaise maison délicieuse avec chou-fleurs, champignons shitake, poires et un petit beurre noisette.  Son assiette, aussi belle que les autres était un réel succès et c’est à ce moment que nous avons compris pourquoi le restaurant jouissait d’une aussi bonne réputation.

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Nous ne pouvions terminer la soirée sans prendre un dessert.  Mon homme est allé dans la fraicheur avec des fraises accompagnées d’une crème chantilly au chocolat blanc, d’amande et de biscottis au matcha.  Bon et frais, le tout servi sur une eau à la fraise, c’était estival.

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J’y suis allée dans le un peu plus cochon avec un gâteau au tamarin, noix de cajou, chocolat, yogourt à la cardamome et mangue.  Tendre et moelleux, le gâteau au tamarin (ils utilisent cet ingrédient au lieu de liant à base de gluten) était accompagné de sorbet à la mangue ainsi que de morceaux de ce fruit frais.  Du chocolat le recouvrait de même que le petit sablé au noix qui était vraiment savoureux.  Très très bon dessert, à ne pas manquer!

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Est-ce qu’on va chez Bouillon Bilk? Absolument, mais on prépare le budget en conséquence.  Je ne crois pas qu’on puisse s’en sortir en bas de 200-250$ par couple pour une soirée avec vin et tout, si on veut s’offrir plusieurs services.  Pour les plus petits budget, le repas du midi peut être une bonne option

Bistro Le Lustucru, 5159 avenue du parc, Montréal

Le Lustucru me trottait dans la tête depuis un bon moment, mais grossesse oblige, j’ai dû le placer sur la liste d’attente, question de devoir renouer avec les aliments crus un coup ma poulette venue au monde.

C’est donc un vendredi soir ou les enfants étaient chez mamie que  nous sommes descendus en ville, comme dirait les plus vieux, pour aller se bourrer la face dans les tartares.  Je n’irai peut-être pas jusqu’à revendiquer le titre de la personne aimant le plus les tartares sur Terre, mais je dois être dans le top 20 je crois bien 😉 Sauf lorsque j’attends un enfant, ce qui ne devrait plus être le cas, j’en mange au moins une fois par semaine et sans me péter les bretelles, ceux que font mon chum sont pas mal délicieux. Disons que la barre est haute et que j’ai la critique facile.

C’était notre jour de chance, nous avons trouvé une place de stationnement sans vignette, sans parcomètre! On se sent toujours un peu imposteur quand ça nous arrive, c’est tellement rare. On relit les pancartes, on est pas trop surs, on regarde deux fois pour être sur qu’il n’y aurait pas une entrée ou une borne fontaine de cachée. Au retour, pas de contravention, j’imagine que ça veut dire qu’il y a encore des endroits comme ça à Montréal, ils sont en voie d’extinction, mais bon….

De l’extérieur, le restaurant passe un peu inaperçu. Sa façade étroite et sa mini terrasse se confondent un peu dans le brouhaha de la rue Parc, mais lorsqu’on y pénètre, on se rend compte que l’endroit est très profond (je vous concède que hors contexte, cette phrase est louche).  Tout en simplicité, avec une cuisine ouverte, l’endroit est bondé et un peu bruyant vu la quantité de personnes présentes. J’avais réservé, ce qui n’est pas une mauvaise idée.

Le serveur arrive, ultra sympathique et disons-le, pas laid du tout non plus et nous décidons de commencer la soirée avec une douzaines d’huitres et un petit verre de bulles.  Pas d’enfant, on est presqu’en vacances, c’est la fête!  3 sortes d’huitres venant de l’ile du Prince Édouard servies sur du gros sel avec citron et une délicieuse petite mignonnette. Présentation ok, mais personnellement, je les préfère sur de la glace, ce qui n’est pas toujours évident, je vous le concède. 29$ pour l’assiette.

Affamés que nous sommes, nous décidons de prendre la totale qui consiste tout simplement à prendre tous les plats qui sont sur la carte, il y en a 10, pour 115$, ce qui est très raisonnable.  Le serveur nous averti que c’est une très grosse portion, l’amoureux insiste et c’est parti.

  
Cela débute avec les plats à base de poissons, qui m’inspiraient moins au début, mais qui ce sont avérés tout simplement fantastiques.  5 plats magnifiques et j’insiste vraiment sur la présentation, on mange d’abord avec les yeux, et tous absolument délicieux’ Je vous les énumère: tartare de saumon à la coriandre, purée d’avocat, gelée de soya et chips de crevette. Mention spéciale à la gelé de soya! Probablement un de mes préférés.

Filet de veau aux épices, pavé de thon rouge frit au panneau, sauce à l’aneth, câpres frites et concombre. Original et très bon aussi.

Gravlax de truite à l’huile de sésame roti, salade de fenouil et coulis de mangue. Tout en fraicheur!

Tartare de cardeau au caviar, concombre et mayo au sambal oelek, avocat et galette de risotto frite. Vive le risotto frit 🙂

Ceviche de turbot de la Gaspésie, frais du Qc, crème sûre, oignons marinés, laitue de mer et basilic thai. Un autre de nos coups de coeur, c’était à tomber par terre.  Tout cela accompagné avec un Sancerre qui goute le ciel, une importation privée que nous nous devons de retrouver.

  
Suivait ensuite le 2e plateau, celui des viandes. Tout aussi bon, quoi que moins surprenant vu que je suis plus habituée de manger ces produits.

Tartare de boeuf, mayo aux tomates séchées, chips et caprons. Un de mes préférés en ce qui concerne les viandes.

Tartare de filet de cheval en croute d’épices, salade de chou chinois au yogourt, salsa de mangues, balsamique. Mon second coup de coeur. Le cheval, bien qu’aillant parfois mauvaise presse parce que les gens trouvent qu’un cheval, c’est plus cute qu’une vache, est une viande absolument fantastique. Gouteuse, maigre et très abordable en épicerie, ça vaut la peine d’y gouter.

Tartare de magret de canard aux noisettes rôties et moutarde de raisin de Corinthe, rémoulade aux pommes. Plat un peu plus sucré et oh combien onctueux.

Tartare d’agneau aux poivrons rôtis, aneth et moutarde, salade de PDT rattes et cornichons maison.  Heureusement pour moi, le poivron se faisait discret.

Carpaccio de filet de boeuf, salsa verde, salade de champignons marinés, échalotes frites et copeaux de Padano. Un délice aussi.

  
J’y suis retourné la semaine d’après avec des amis qui voulaient l’essayer, nous avons repris la totale, mais à quatre, ce qui était amplement suffisant avec des frites et de la salade en extra qui étaient très bonnes.  Nous avions amené les enfants, ils ont été très bien reçus, jamais nous n’avons eu l’impression de déranger. Par contre, c’était mercredi et le resto n’était pas aussi achalandé que le vendredi précédent.  Une serveuse tout aussi sympathique nous a accompagné tout au long de la soirée.  Tous les tartares sont coupés au couteau et une attention méticuleuse est accordée à l’hygiène, un must quand on sert du cru.

Bistro désormais dans mon coeur, j’ai hâte que leur nouveau menu sorte pour aller le découvrir et ainsi pouvoir encore me gaver dans de succulents plats sans cuisson ou la fraicheur et la qualité du produit sont mis en valeur (seigneur, on se croirait au Chefs!).

 Régine café 

Ça faisait longtemps que j’entendais parler de chez Régine, quasi mythique restaurant de déjeuner sur la rue Beaubien à Montréal. Je savais qu’on y faisait souvent la file pour pouvoir y déguster un plat, mais j’étais quand même optimiste vu qu’on était un matin de semaine. Hé non, nous avons tout de même attendu une bonne vingtaine de minutes avant d’aller s’assoir dans ce décor réunissant une décoration moderne et antique, voire victorienne. De larges chaises de style qu’on retrouve à Versailles côtoient les larges tuyaux suspendus au dessus de nos têtes. 
L’endroit est évidemment bondé et bruyant, mais on y est tout de même assis confortablement. Le service aura été rapide et efficace.  On nous apporte d’abord un shooter de jus pêche et orange fraîchement pressé accompagné de basilic. Frais et très bon. Le menu comporte une douzaine de plats originaux, oubliez le 2 œufs bacon. Je décide d’essayer le Champi: une épaisse tranche de pain de campagne, surmontée d’un scotch egg (œuf entouré de chair à saucisse, le tout, frit, mais coulant!!!!) et d’une poêlée de champignons à la sauge, accompagnée d’une petite verdure, d’une genre de patate au four assaisonnée et de fruits frais. Un vrai délice et pour l’affamée que j’étais, complètement rassasiant. Prix 16$ + 3$ d’extra pour le scotch egg au lieu d’un œuf poché. Jai aussi pris un lait au chocolat noir à la fleur de sel. C’était vraiment une petite portion, pour 5$, je m’attendais à plus, mais c’était très bon.

Mon amie a choisi le gravlax maison de saumon sur une espèce de pâte feuilletée, garnie d’une crème fouettée à la ciboulette et d’une petite salade verte. Moins imposant que mon plat, il était pourtant tout aussi délicieux. Mention spéciale à la présentation impeccable. 

Au final, ça m’a coûté environ 30$ tout inclus pour un excellent repas.  On retourne chez Régine, mais on essaie de réserver avant.