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Europea par Jerome Ferrer, part 2

Nous avions déjà tenté l’expérience Europea il y a environ 2 ans. Nous avions été enchantés sauf qu’une mise à jour s’imposait quant au menu qui n’avait à peu près pas changé depuis la belle Lurette (comme dirait Fred Pellerin).

Hé bien, cette mise à jour a eu lieu, il y a deux mois.  Nouvelle localisation, nouvelle mise en scène par René-Richard Cyr, nouveau menu. Bonne chance pour le stationnement par contre, surtout s’il y a de l’activité au Centre Bell le soir-même! Si vous désirez y aller et garder les surprises, ne lisez pas la suite, vous êtes avertis, je vous dirai tout 🙂

Nous arrivons, l’endroit est assez rempli bien qu’on soit lundi soir. La charmante hôtesse nous accueille, prend nos manteaux et nous invite à passer au salon.  Nous nous installons dans de gros fauteuils rouges écarlate, en face d’un impressionnant bar. On nous apporte une petite fiche à remplir avec nos noms, adresse e-mail (of course) et nos allergies et intolérance en matière de nourriture. Le service sera d’ailleurs personnalisé à l’aide de ce petit formulaire.

Petit apéro de popcorn à la truffe qui nous met clairement en appétit, on nous propose le drink du moment: du vin mousseux avec curaçao bleu et un sirop de yuzu. Ça goute le ciel et ça en a même la couleur! Le prix nous ramènera sur terre, mais au moins, nous nous serons délectés.

On nous invite à passer à table, abandonnant à regret le popcorn qui restait, nous nous assoyons confortablement à une table qui sera la seule dotée d’une nappe rouge. Traitement de faveur ou occasion spéciale? Non non, la nappe, les couverts changeront continuellement tout au long du repas.  Vous assisterez ici à une solicitation de tous vos sens durant cette expérience ou la gastronomie se combine à l’art tant visuel que musical. Nous optons pour la totale: 12 services (150$) avec accord vin (75$). Sachez qu’il y a possibilité d’avoir un 7 services pour 75$, ce qui est quand même raisonnable, mais ce menu n’est pas disponible tout le temps.

Un peu énervés, nous commençons. La nappe rouge a cédé la place à une blanche et nous plongeons dans des contrées amérindiennes alors qu’on apporte, en guise de mise en bouche, une buche dans laquelle un chalumeau (pour récolter l’eau d’érable) a été installé. On verse de l’eau chaude dans un trou sur le dessus de la buche et l’eau s’écoule par le chalumeau pour aller humecter des serviettes pour se laver les mains. C’est très cool.

Gravlax  et tataki de boeuf seront servis à coté d’un Inukshuk, accompagnés d’une mousseline de légumes iroquoise et de pain banique. La présentation est super, le gravlax un peu trop salé à mon gout et le tataki, pas assez, la crème de légume est bonne.

Passons ensuite au thé de homard. Alors là, c’est wow! Un plat signature de Ferrer. On apporte une grosse théière de style thaï? japonaise? Bref, asiatique, qui ressemble à un gros sablier. On allume le feu sous la partie dans laquelle le bouillon se trouve et grâce à la chaleur, il ira à la rencontre des ingrédient qui complèteront la soupe : médaillon de homard, champignons  et herbes aromatiques. On regarde le boouillon transférer d’une partie à l’autre en dégustant une marquise dans une sauce tiède (était-ce voulu?) mais délicieusement aérienne et gouteuse.

La soupe est prête, elle est citronnée et réconfortante dans cet hiver qui ne fini plus.

Le troisième plat sera un de mes préférés: capuccino de homard  et son bonbon de langoustine.  Le capuccino est juste fou, on vient d’ailleurs raper sur le dessus de la truffe noire fraiche, présentée dans son coffre et grosse comme un oeuf. Le bonbon frit, à coté du délice qu’est la soupe, passe un peu inaperçu. Ici on mange avec les doigts.

Suivra ensuite les tagliatelles de calmars au vin jaune et à l’encre de sèche accompagnés d’une pieuvre brulée à la torche (et fait à la table) et son pétoncle TTG servi dans la coquille.  Les tagliatelles étaient merveilleuses, la petite pieuvre, entière, nous a déçue, tant par le gout et la présentation, empalée sur un bout de bois, on trouvait cela quasiment violent (c’était peut-être le but?) et le pétoncle frais, délicieux, était malheureusement effacé sous le coulis de mangue et yuzu qui l’accompagnait.

Puis,c’est le voyage en immersion. On nous apporte des lunettes de réalité virtuelle qui nous amène pêcher les huitres au Nouveau-Brunswick.

Le petit vidéo terminé, nous regardons devant nous et paf! L’assiette, avec une huître est apparue! Servie sur une crème de chaudrée de palourdes avec gelée d’oreille et caviar, un petit financier aux épinards et betteraves vient compléter le tout. Si on prend chacun des éléments séparément, on est pas tant impressionné. C’est lorsqu’on prend une bouchée parfaite, composée d’un peu de tout que la magie opère et que l’ensemble fait wow!

 Nous continuons avec les trois petits canards se sucrent le bec ou un parfait de foie gras au caramel de jus de viande se mêle à un tronçon à l’érable, rôti au fruit de la passion. Très bon, le foie gras déçoit rarement, servi en trilogie, c’est encore mieux.

La suite me faisait un peu peur: un filet de bar cuit dans une cocotte de foin et son lait de poule de crabe de l’Alaska.  J’avais déjà gouté un jambon au foin à la cabane du Pied de cochon et justement, ça goutait vraiment le foin, j’avais l’impression de manger un coin d’étable… Mais ici, accompagné d’une sauce à l’estragon rappelant une béarnaise, j’ai été conquise. Cuisson parfaite, gout délicat, merveilleux.

Suivait ensuite le boeuf n’ beef. Trilogie de boeuf: l’un cicatrisé au fer rouge et à la cendre, l’autre brais. et le troisième, un tartare de Wagyu, encore une fois, tout cela était très bon. Mention spéciale au boeuf braisé qui était succulent, moi qui n’aime pas vraiment les plats mijotés, ça m’a surpris.

J’ai d’ailleurs demandé au serveur si on retrouvait cette recette dans le tome 2 des recettes de Ricardo à la mijoteuse, me trouvant hilarante.  Il n’a clairement pas compris la blague, mais la suite nous apprendra qu’il est arrivé au Québec qu’en novembre dernier, je lui ai donc pardonné, continuant de rire dans ma tête.

Vient ensuite le moment ou le serveur nous cuisine un fromage frais sous nos yeux, recette incluse. Très cool encore une fois, assaisonné de sel et balsamique, nous nous sommes jurés de recommencer l’expérience à la maison.  J’ignorais qu’on pouvait faire son propre fromage, style ricotta, en si peu de temps.

L’artiste en nous est sollicité pour les plats sucré et c’est en peinturant une toile vierge qu’apparait les desserts qui nous seront servis.

Ici, la mise en scène est bien impressionnante pour une fin de soirée magique.  On nous apporte des guimauves maison qu’on pourra faire grillé sur un petit feu à la table et un cigare en chocolat, délicieux et au look franchement réussi.  Un petit digestif (un peu sucré à mon gout) de gianduja vient complété le pré dessert.  Honnêtement, on est sur le point d’exploser.

On nous apporte des écouteur et c’est sur un rythme de salsa que le serveur nous shaker un Cosmo revisité au gin avec un carré au citron et chocolat blanc.

La touche finale sera un arbre de barbe à papa à l’érable et sa cocotte en terre cuite qu’on brise soi-même renfermant les plus délicieuses meringues à l’érable que j’ai goutées.  On rapporte le tout à la maison, les enfant seront contents.

Nous avons été enchanté par notre soirée, la majorité des plats étaient très bon et le service, divertissant et ajoutant grandement à l’expérience.  On y va au moins une fois pour se gater et manger autrement.  Seul l’avenir nous dira si on y retourne ou si cette formule, pour le moment gagnante, deviendra usée sans être renouvelée.

Chez l’épicier

2e partie de mon cadeau de Noel, nous avons bravé le froid (non, mais on gèle!!!!) et nous sommes dirigés vers le vieux Montréal, direction chez l’épicier. Le nom vous dit peut-être quelque chose sinon celui de Laurent Godbout, le chef de l’endroit qui a participé à l’émission Les Chefs à ses débuts. Bref, la réputation est là, l’endroit est magnifique, idéalement situé devant le marché Bonsecours, mes attentes sont bien installés, tout comme nous dans la confortable banquette avec vue sur la rue enneigée.

Comme je le disais, le resto est superbe avec ses murs d’époque en pierre, ses banquettes en cuir, lumières tamisées et grandes vitrines donnant sur la rue.

Mais le service est frette et pas du tout personnalisé malgré nos tentatives de connecter avec la sommelière. Elle arrive, nous sert nos assiettes, récite ses deux phrases sur le vin en un seul souffle et repart. Bon, pas grave, mon amoureux suffit amplement à réchauffer l’atmosphère de notre souper.

On commence en force avec une douzaine d’huîtres à partager et un petit mousseux rosé. Impossible que ce ne soit pas bon 🤷🏻‍♀️

Comme il y en avait un, nous avons choisi le menu dégustation: 90$ pour 8 plats, pas si mal. Nous prenons aussi l’accord avec les vins. Petite déception ici aussi, je n’ai pas aimé plusieurs vins et je trouvais souvent que l’accord n’apportait rien, ni au plat, ni au vin…

Le premier service était un dashi. Un merveilleux bouillon versé sur des petits champignons et des cœurs de poulet confits et servis en tranches. Ne levez pas le nez, la texture est très bien et c’est délicieux! Bref, une bonne soupe qui réchauffe et réconforte.

Suivait ensuite un morceaux d’esturgeon fumé, accompagné d’une crème de patate et œufs de poisson. Mention spéciale pour la crème qui était délicieuse. Autrement, ce plat était correct malgré que j’ai trouvé une énorme arête dans mon plat.

Puis, on nous servi un tataki de loup marin, purée d’ail noir et de topinambours avec ses chips de sarrasin. Plat original où les chips ajoutent du croquant et un goût salé intéressant.

Suivi après mon plat préféré de la soirée: tartare de filet mignon classique surmonté de poireaux frits. Il était franchement merveilleux, bien assaisonné.

Vient alors le temps du plat de résistance: un effiloché d’agneau enveloppé de feuilles d’oignons dans un bouillon au cumin. Le plat principal, vraiment? Trois minis bouchées, pas de légumes, on a commandé une autre entrée parce qu’on avait mangé 4 plats et avions l’impression de n’avoir à peu près rien mangé. Les photos sont prises hyper proche, on parle ici plutôt de bouchées que de plats.

Nous avons arrêté notre choix sur les pogos de canard. Pas décevants du tout, accompagnés d’une moutarde maison, nous avons eu l’impression, pour la première fois du repas, de manger quelque chose de consistant.

La fin approche et on nous amena une petite bouchée de foie gras, servie avec pommes pochées. Très bon, nous aurions bien aimé avoir un vin pour l’accompagner. La sommelière arrivera lors de notre dernière bouchée avec unTokaj hongrois. Bon, mais ça aurait été mieux pendant. On nous offrira un verre de vin supplémentaire pour compenser.

Nous continuons ensuite avec le pré dessert, une glace à la pomme, surmontée de caramel salé. Bon, mais en plein hiver, j’aurais opté pour quelque chose de moins glacé.

Le dessert sera un de mes plats préférés à cause de son originalité. Une tarte fine avec une garniture de fromage, poire, poivre et coriandre. C’était vraiment bon, mention spéciale à la croûte et très rafraîchissant sans être froid à cause du poivre et de la coriandre fraîche.

Est-ce qu’on y retourne? Honnêtement, j’ai été déçue. Premièrement, les portions étaient microscopiques. Ensuite, à part le tartare et le dessert, aucun des plats ne m’a jeté par terre. Pour le prix et la réputation de l’endroit, je m’attendais à plus. Aussi, et c’est peut-être insignifiant comme commentaire, mais tous les plats sont servis dans des assiettes très foncées, avec les lumières tamisées, on voit à peine ce qu’on mange. Finalement, comme mentionné plus haut, le service, sans être impoli ou inadéquat, était aussi ordinaire que la plupart des plats. Alors qu’il existe tellement de bons resto à Montréal, je dirais platement d’aller voir ailleurs avant d’aller Chez L’épicier.

La Chronique, rue Laurier, Montréal

Pour Noël, mon chéri m’a offert de découvrir, une fois par mois, un restaurant et cela, pendant toute l’année 2019.

C’était notre première date vendredi dernier et j’avoue que j’étais vraiment énervée. Il s’était occupé de tout, de la réservation jusqu’à la gardienne. C’est donc en ayant quasi l’impression d’être en vacances que nous avons quitter tranquillement le bureau.

Arrivés un peu d’avance (!!!), nous avons pris place dans le petit resto où peuvent s’asseoir à peine une trentaine de personnes. Il est tôt et il n’y a pas beaucoup de monde. Qu’à cela ne tienne, ce ne sera pas long que la place se remplira et qu’une ambiance chaleureuse et animée s’installera.

Petit apéro, on nous offre un petit cake au jambon et olives, ainsi que des pains faits maison savoureux.

Nous optons pour le menu dégustation avec l’accord de vins. Ce n’est pas donné, mais nous en aurons pour notre argent. 7 plats, mais finalement 9, 7 vins mais finalement plus, chaque service sera merveilleux, autant pour le palais que pour les yeux.

On nous apporte ensuite une autre bouchée: un royal au fois gras sur pain brioché, chutney de courge et son caramel salé. Heureux mélange sucré -salé, la table est dressée!

Le premier plat fut sans doute un de mes préférés! St-Jacques (qui est une sorte de pétoncle) accompagné d’une purée de panais des plus crémeuses, chips de nori, suprêmes d’agrumes, sur un jus de clémentine réduit. C’était tellement beau et bon, c’était fou. Le vin qu’on nous a servi, un Bourgogne aligoté 2016, était tout simplement magique.

Le deuxième plat, des pâtes à l’encre de sèche, surmontées de chair de homard, maïs, et caviar, le tout accompagné d’une sauce style bisque et son écume citronnée, ne nous a pas déplut non plus! C’était savoureux et réconfortant.

Ensuite, nous avons eu droit à des salsifis (ça rappelle un peu la carotte) en trois façons (à la carbonara, en purée assaisonnée à la truffe et tout simplement grillée). Original, ça accompagnait parfaitement le filet de bar, cuit à la perfection. Une chaire douce et ferme qui se défaisait délicatement en flocons. Encore une fois, délicieux.

Suivaient ensuite des ris de veau, frit et servis avec cube de fois gras mi-cuit et chutney de courges. Plat un peu plus costaux, c’était tout de même très bon, le velouté du foie gras se mêlant bien à celui des ris de veau.

La pièce de résistance, l’agneau de Kamouraska, servi en trois temps et accompagné de chou servi également en trois façons différentes, est celui qui m’a moins plus. Si le filet d’agneau était tendre et délicat, je n’ai pas apprécié la boulette d’effiloché qui avait un goût assez prononcé. La longe d’agneau, quant à elle, ne m’a pas procuré d’émotions particulières. Les choux étaient par contre fabuleux et le tout allait parfaitement avec le vin rouge proposé. L’assiette était également très belle.

Suivirent enfin l’assiette de fromage québécois où Charlevoix était à l’honneur (Migneron et Ciel), ainsi que le dessert. Le chef a su nous finir ça en beauté avec un petit sucré frais, délicat et original pour bien finir notre superbe souper.

Nous avions donc des tuiles de pavlova, servi sur une glace aux litchis et accompagnés de fruits tropicaux. Ça semble simple, mais croyez-moi, c’était merveilleux.

Le sommelier, Jonathan, a pris soin de nous toute la soirée, nous partageant sa passion du vin et nous faisant découvrir de nouvelles saveurs. Il nous a également mis au défi de deviner à l’aveugle certains des vins que nous avons dégusté. Nous étions pourris, mais nous avons eu beaucoup de plaisir.

On y retourne? Certainement!

Le Champlain, Château Frontenac, Québec 

Tout à fait par hasard, en allant vérifier mon solde de miles Airmiles, je suis tombée sur cet événement: un souper gastronomique au Champlain accord mets et vins.  Ça incluait une visite de leur cave à fromages avec le chef Stéphane Modat. En plus, ça tombait dans le coin de notre anniversaire 😀 

Nous avons donc échangé nos miles et avons pris la 40 vers l’Est. Pour le souper, on nous a installé dans une pièce circulaire, vitrée et donnant sur le fleuve. Trois tables de 10 personnes dans cette ancienne bibliothèque, c’était un peu gênant au début, mais les convives étant bien sympathiques, les conversations ont vite débuté. 

Le 5 services débuta avec un omble article cuit doucement, oignons doux conservés à l’aneth, œufs de truite, crème fraîche au lait de chèvre et poudre de cèpes. Frais, style gravlax, c’était goûteux et beau pour les yeux. Ça nous a mis en appétit!


Suivait ensuite un esturgeon confit, mousse de cèpes et explosion de champignons sauvages. Toujours aussi bon, j’étais quand même un peu triste pour la madame en face de moi qui ne mange pas de poisson. C’était tendre et soyeux et ça m’a réconcilié avec l’esturgeon qui peut parfois goûter un peu fort à mon goût.

Comme 3e plat, un foie gras poêlé de Marieville, fruits nordiques acidulés, amandes caramélisées à l’érable, réduction de jus de betteraves rouges, poudre de cèdre, fleurs de sel à la menthe poivrée. Moi qui adore le foie gras, je n’ai pas été déçue! Cuisson parfaite, on s’est régalé.


Suivait le plat de résistance: un filet de bœuf fumé de l’île du prince Édouard, purée de panais, champignons rouge-vin sautés et son jus de bœuf corsé. Tendre et goûteux, la viande fondait dans la bouche.


Le dessert ne nous a pas déçu: une barre de crème brûlée au praliné du Champlain, enrobée de chocolat noir aux éclats croustillants de noix et sa glace à l’expresso. Je n’ai pas mangé la glace mais je me suis délecté du reste. Une crème brûlée en barre de chocolat, c’est du bonheur dans la bouche!


On y retourne? Pour les grandes occasions ou on mangera autant avec les yeux qu’avec la bouche. Les vins étaient délicieux et servis généreusement. Les plats, malgré leurs noms interminables, étaient de modestes portions et nous avons été finir ce merveilleux repas avec un plateau de fromages de leurs belles caves. Un beau moment gastronomique.

L’Atelier de Joel Robuchon, casino de Montréal

Joel Robuchon est rien de moins que le chef le plus étoilé de l’histoire de la gastronomie.  Il détient au total 30 étoiles Michelin, a reçu le titre de chef cuisinier du siècle et accumule les récompenses au fur et è mesure qu’il ouvre des restaurants.  Et nous sommes chanceux, il a ouvert, en décembre dernier, son premier établissement au Québec qui a trouvé résidence au Casino de Montréal.

Premièrement, les réservations sont de mise (casino, jeu de mot!!!), la popularité du chef le précédant.  Ensuite, si vous y allez à un moment ou le casino est prisé (genre le vendredi ou le samedi soir), calculez beaucoup de trafic pour vous rendre.  Le valet vous est gracieusement offert, alors ça vaut la peine.

Situé dans le pavillon du Québec, le restaurant aux lumières tamisées (peut-être un peu trop) est dans les teintes de rouge et de noir, parfait pour un souper à la Cinquante nuance de Grey 🙂 Un grand comptoir entoure la cuisine, ouverte, ou les convives peuvent assister à l’élaboration, très complexe, des plats.  Petit conseil, choisissez une place au comptoir lors de votre réservation pour pouvoir assister au spectacle.  Un serveur est aussi présent en permanence, assurant un service plus que personnalisé.

Évidemment, on sort le portefeuille pour les grandes occasions ou pour se faire plaisir. Le prix est à la hauteur de la réputation de M.Robuchon, mais attention, ce n’est pas surfait, vous allez réellement vivre une expérience ou l’expression art culinaire prend tout son sens.  Je n’ai jamais vu d’aussi belles présentations et lorsqu’on jette un coup d’œil à la cuisine, on comprend, avec 4-5 cuisiniers sur une assiette avec leur pince à sourcil et leur micros instruments, pourquoi l’assiette est aussi belle et toujours chaude.

Nous avons opté pour le menu découverte de saison à 175$, 9 services plus l’accord met et vin a 100$.  L’accord est peut-être ma seule petite déception dans le sens ou les vins qu’on nous a offert, en quantité assez généreuse, ne m’ont pas jeté par terre, ni pour leur gout, ni pour la façon dont ils allaient avec les plats, si vous voulez mon conseil, prenez vous 2-3 verres à votre gout, ce sera moins cher.

Nous avons commencé avec un shooter d’une royale crémeuse au foie gras, voilée d’une émulsion au parmesan et au Maury.  Très bon, avec du foie gras au fond et un gout de parmesan bien prononcé, c’est le seul plat que je n’ai pas pris en photo 😉

Suivait ensuite le saumon bio en tartare recouvert de caviar de Colombie-Britannique et d’une feuille d’or 24k.  C’est clairement un des plats les plus luxueux que j’ai mangé de ma vie.  Par contre, le tartare de saumon était bon, sans plus.  Le caviar était quant à lui, délicieux tout comme les croutons et la feuille de persil frite qui l’accompagnaient.


Fred qui avait choisi l’autre menu dégustation, à 150$, s’est vu offrir un oeuf mollet, farci de caviar et de saumon fumé.  Cette assiette m’a jeté par terre à cause des détails et du gout, un gros wow pour ce plat!


Ensuite, on nous a servi une St-Jacques cuite à la perfection avec une salade d’endives, beaucoup trop amère à mon gout, dommage car le pétoncle était vraiment bon. C’est le plat qui m’a le moins impressionné.


Fred s’est plutôt régalé d’une délicieuse tartelette fine à la truffe noire, beau et bon.


J’ai ensuite mangé une généreuse portion de potage à la châtaigne avec son nuage à la cardamome.  C’est exactement pour ce genre de plat que j’aime aller au restaurant: quelque chose que je ne pourrai jamais faire dans ma cuisine.  Réconfortant, onctueux, c’était très bien.  Par contre, ça a pris beaucoup de place dans mon estomac, j’aurais peut-être ajouté un granité pour faire descendre le tout.  L’alcool et l’heure tardive ajoutant un aspect lourd au repas.


Le homard grillé et ses croutons au poivre de malabar, accompagné de jeunes épinards au wasabi était très bon, la sauce a même été finie avec les petits pains maison, même si je n’avais plus faim.


Suivait ensuite un morceau de flétan en tempura sur un risotto tout simplement dément à l’encre de sèche.  Je ne m’attendais à rien de ce plat et finalement, il était fameux.

Nous avons pris une pause avant de continuer vers le plat de résistance: cerf de Boileau façon Rossini pour moi, caille farcie au foie gras pour Fred.  Le cerf fut mon plat préféré, c’était génial et délicieux et pour être sur de nous achever, on nous a servi une petite portion des pommes de terre pilées façon Robuchon.

Le parfum des iles, le pré-dessert, a été le bienvenu.  Frais, il a donné un 2e souffle à mon estomac, lui permettant de se reprendre pour le dessert. C’était un genre de sorbet aux fruits tropicaux surmonté d’une légère crème à la noix de coco.  On croyait que c’était le dessert, mais non!


Le rubis, magnifique coupe, composée d’une sauce aux fruits rouges avec en son centre une gelée Calpico aux mures, c’était merveilleux de voir le travail du pâtissier, qui est venu nous saluer, dans ce tout petit dessert.  Alors que nous nous effondrâmes sur le comptoir, repus et heureux, la charmante serveuse nous annonça qu’on nous offrait un verre de sauterne et une sélection des desserts que nous n’avions pas goutés.  Nous voila donc avec 3 desserts pour 4, tous aussi bons et beaux.  J’ai gouté pour la forme, mais en toute honnêteté, je n’étais pas capable. Mention spéciale au chocolat en 12 façon et au dessert que nous avons affectueusement nommé la maison des Schtroumphs tellement c’était bon et mignon.


Est-ce que je retournerai à l’Atelier, je l’espère bien.  Le personnel a été tellement gentil, on nous a même fait visiter la cuisine et la nourriture, exceptionnelle tant par sa beauté que par son gout.  Je vous le recommande si comme moi, vous êtes des amoureux de la table.

Restaurant Le Toqué!, place Jean-Paul Riopel, Montréal

À la hauteur de sa réputation!

J’y rêvais depuis que j’avais vu Normand Laprise à Tout le monde en parle.  Auparavant, je ne connaissais pas ce mythique restaurant.  En faisant quelques recherches, je me suis rendue compte que le Toqué n’était pas pour tous les budgets.  Réputation impeccable, chef de renom, menu dispendieux, on ne va pas au Toqué tous les jours.  C’est donc pour l’anniversaire de mon chéri que j’ai décidé de nous gâter (cadeau surement un peu égoïste 🙂 ).  Quelle ne fut pas ma surprise de constater que, non seulement le restaurant était ouvert le midi, mais en plus, à des prix assez raisonnables si on tient compte de l’endroit. Magnifique journée d’été, il fait chaud, nous avons un programme en amoureux, et nous commençons tout cela avec un dîner au Toqué.

On n’a pas franchi la porte qu’on a déjà un petit stress. Sommes-nous assez bien habillé? Est-ce que ce sera snob et guindé? Pas du tout.  Pour le lunch, les gens sont relaxes, jeans et t-shirt sont ici les bienvenus.  Le personnel, avec un uniforme hors du commun, est sympathique et gentil, tout en étant très professionnel.  Le restaurant est beau, moderne, lumineux et chaleureux. Une cave à vin vitrée, avec des bouteilles suspendues, trône au centre du restaurant. Fini le stress, on se sent les bienvenus.

La carte du midi change régulièrement et vous y avez accès en ligne.  Le prix des plats principaux inclus une entrée de votre choix.  Pour chaque plat, on vous propose un accord avec le vin au verre, c’est génial.  La plupart des vins, si ce n’est pas tous, sont des importations privées de grande qualité.  Déjà, on a l’eau à la bouche.

Alors on se lance.  J’opte pour un carpaccio de veau accompagné de son verre de Riesling. DÉ-LI-CIEUX!!!! L’assiette est magnifique et délicate. Des radis et des échalotes françaises ornent les tranches minces de veau. Une petite mayonnaise avec de l’huile, du sel et du poivre viennent compléter le plat. C’est frais, c’est bon, je me délecte.

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Fred opte pour un tartare de thon. OK, je sais, nous avons rayer le thon de notre vie en tant qu’aliment à consommer vu que c’est un poisson qui est en voie d’extinction.  La raison pour laquelle Fred a tout de même pris le plat c’est que le restaurant a acheté un thon en entier, qui avait été péché à la ligne par un monsieur (donc pas issu de pêche commerciale) et que c’était la seule fois que le Toqué servait cette sorte de poisson.  Lorsque tout le thon aurait été mangé, il disparaitrait de la carte.

J’en profite pour vous parler de la philosophie du Toqué quant à la provenance de ses aliments.  Tout d’abord, la plupart des produits sont des produits d’ici, élevé et cultivé par des gens d’ici.  Ils sont aussi issus de culture biologique.  Le restaurant a même son propre potager sur le toit de l’immeuble où il est situé.  Ce qu’on vous sert a donc été manipulé avec le plus grand respect et est d’une fraicheur exceptionnelle.  Des caractéristiques qui font évidemment monter les prix, mais qui vous assurent une expérience culinaire optimale.

Revenons au thon.  Vous vous douterez bien qu’il était fameux, à se rouler par terre même!  Extrêmement frais et tendre, les chefs ont su faire honneur à la bête.  Seul petit bémol, pour ce plat, nous n’avalons pas été convaincu de l’accord avec le vin.

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Comme plat de résistance, j’ai choisi une crêpe à l’effiloché de porc avec une sauce au gingembre.  Petite tendance asiatique avec la mayo épicée, c’était gouteux et parfaitement épicé. Toujours aussi beau dans l’assiette et bon dans la bouche, je n’ai pas été déçue.  La portion était plus que suffisante et le porc fondait littéralement dans la bouche. Je me suis régalée.  Fred a opté pour des pâtes fraiches avec légumes frais et pesto et malgré la simplicité du plat, il fut aussi satisfait.

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Malheureusement, nous n’avions plus de place pour prendre un dessert.  On nous a tout de même offert un petit carré de sucre à la crème au paprika fumé et fleur de sel. J’aime les mélanges audacieux qu’on ne ferait pas à la maison, comme le reste du repas, c’était tout simplement délicieux.

Plus tard, je suis retournée diner au Toqué avec mon amie Claudie.  Le menu avait évidemment changé, mais nous nous sommes tout autant régalée et je bouille d’impatience d’y retourner. Peut-être la prochaine fois essaierons nous la formule du soir et tant qu’à faire, nous prendrons la totale. En attendant, de ramasser mes sous, je vous encourage fortement à vous gâter et à essayer le Toqué, vous ne serez pas déçus!

Si vous alliez diner et que vous prenez un verre de vin avec chaque plat, calculez qu’il vous en coutera environ 50$ par personne, taxes et service inclus.

Je profite aussi de l’occasion pour vous souhaiter une bonne année 2014 remplie de bonheur, de bonne bouffe et de bons vins.  Mais surtout, je vous souhaite la santé, car sans cela, il est difficile de profiter du reste.  Je vais aussi essayer d’écrire plus de blogs, avec l’arrivée de bébé, j’ai été moins productive en 2013.  Il faut dire qu’on sort un peu moins aussi.  Alors, je vous dit à bientôt et merci de me suivre et de me lire, ça me fait chaud au coeur. N’hésitez pas à commenter, que vous soyez d’accord ou non 🙂