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Europea par Jerome Ferrer, part 2

Nous avions déjà tenté l’expérience Europea il y a environ 2 ans. Nous avions été enchantés sauf qu’une mise à jour s’imposait quant au menu qui n’avait à peu près pas changé depuis la belle Lurette (comme dirait Fred Pellerin).

Hé bien, cette mise à jour a eu lieu, il y a deux mois.  Nouvelle localisation, nouvelle mise en scène par René-Richard Cyr, nouveau menu. Bonne chance pour le stationnement par contre, surtout s’il y a de l’activité au Centre Bell le soir-même! Si vous désirez y aller et garder les surprises, ne lisez pas la suite, vous êtes avertis, je vous dirai tout 🙂

Nous arrivons, l’endroit est assez rempli bien qu’on soit lundi soir. La charmante hôtesse nous accueille, prend nos manteaux et nous invite à passer au salon.  Nous nous installons dans de gros fauteuils rouges écarlate, en face d’un impressionnant bar. On nous apporte une petite fiche à remplir avec nos noms, adresse e-mail (of course) et nos allergies et intolérance en matière de nourriture. Le service sera d’ailleurs personnalisé à l’aide de ce petit formulaire.

Petit apéro de popcorn à la truffe qui nous met clairement en appétit, on nous propose le drink du moment: du vin mousseux avec curaçao bleu et un sirop de yuzu. Ça goute le ciel et ça en a même la couleur! Le prix nous ramènera sur terre, mais au moins, nous nous serons délectés.

On nous invite à passer à table, abandonnant à regret le popcorn qui restait, nous nous assoyons confortablement à une table qui sera la seule dotée d’une nappe rouge. Traitement de faveur ou occasion spéciale? Non non, la nappe, les couverts changeront continuellement tout au long du repas.  Vous assisterez ici à une solicitation de tous vos sens durant cette expérience ou la gastronomie se combine à l’art tant visuel que musical. Nous optons pour la totale: 12 services (150$) avec accord vin (75$). Sachez qu’il y a possibilité d’avoir un 7 services pour 75$, ce qui est quand même raisonnable, mais ce menu n’est pas disponible tout le temps.

Un peu énervés, nous commençons. La nappe rouge a cédé la place à une blanche et nous plongeons dans des contrées amérindiennes alors qu’on apporte, en guise de mise en bouche, une buche dans laquelle un chalumeau (pour récolter l’eau d’érable) a été installé. On verse de l’eau chaude dans un trou sur le dessus de la buche et l’eau s’écoule par le chalumeau pour aller humecter des serviettes pour se laver les mains. C’est très cool.

Gravlax  et tataki de boeuf seront servis à coté d’un Inukshuk, accompagnés d’une mousseline de légumes iroquoise et de pain banique. La présentation est super, le gravlax un peu trop salé à mon gout et le tataki, pas assez, la crème de légume est bonne.

Passons ensuite au thé de homard. Alors là, c’est wow! Un plat signature de Ferrer. On apporte une grosse théière de style thaï? japonaise? Bref, asiatique, qui ressemble à un gros sablier. On allume le feu sous la partie dans laquelle le bouillon se trouve et grâce à la chaleur, il ira à la rencontre des ingrédient qui complèteront la soupe : médaillon de homard, champignons  et herbes aromatiques. On regarde le boouillon transférer d’une partie à l’autre en dégustant une marquise dans une sauce tiède (était-ce voulu?) mais délicieusement aérienne et gouteuse.

La soupe est prête, elle est citronnée et réconfortante dans cet hiver qui ne fini plus.

Le troisième plat sera un de mes préférés: capuccino de homard  et son bonbon de langoustine.  Le capuccino est juste fou, on vient d’ailleurs raper sur le dessus de la truffe noire fraiche, présentée dans son coffre et grosse comme un oeuf. Le bonbon frit, à coté du délice qu’est la soupe, passe un peu inaperçu. Ici on mange avec les doigts.

Suivra ensuite les tagliatelles de calmars au vin jaune et à l’encre de sèche accompagnés d’une pieuvre brulée à la torche (et fait à la table) et son pétoncle TTG servi dans la coquille.  Les tagliatelles étaient merveilleuses, la petite pieuvre, entière, nous a déçue, tant par le gout et la présentation, empalée sur un bout de bois, on trouvait cela quasiment violent (c’était peut-être le but?) et le pétoncle frais, délicieux, était malheureusement effacé sous le coulis de mangue et yuzu qui l’accompagnait.

Puis,c’est le voyage en immersion. On nous apporte des lunettes de réalité virtuelle qui nous amène pêcher les huitres au Nouveau-Brunswick.

Le petit vidéo terminé, nous regardons devant nous et paf! L’assiette, avec une huître est apparue! Servie sur une crème de chaudrée de palourdes avec gelée d’oreille et caviar, un petit financier aux épinards et betteraves vient compléter le tout. Si on prend chacun des éléments séparément, on est pas tant impressionné. C’est lorsqu’on prend une bouchée parfaite, composée d’un peu de tout que la magie opère et que l’ensemble fait wow!

 Nous continuons avec les trois petits canards se sucrent le bec ou un parfait de foie gras au caramel de jus de viande se mêle à un tronçon à l’érable, rôti au fruit de la passion. Très bon, le foie gras déçoit rarement, servi en trilogie, c’est encore mieux.

La suite me faisait un peu peur: un filet de bar cuit dans une cocotte de foin et son lait de poule de crabe de l’Alaska.  J’avais déjà gouté un jambon au foin à la cabane du Pied de cochon et justement, ça goutait vraiment le foin, j’avais l’impression de manger un coin d’étable… Mais ici, accompagné d’une sauce à l’estragon rappelant une béarnaise, j’ai été conquise. Cuisson parfaite, gout délicat, merveilleux.

Suivait ensuite le boeuf n’ beef. Trilogie de boeuf: l’un cicatrisé au fer rouge et à la cendre, l’autre brais. et le troisième, un tartare de Wagyu, encore une fois, tout cela était très bon. Mention spéciale au boeuf braisé qui était succulent, moi qui n’aime pas vraiment les plats mijotés, ça m’a surpris.

J’ai d’ailleurs demandé au serveur si on retrouvait cette recette dans le tome 2 des recettes de Ricardo à la mijoteuse, me trouvant hilarante.  Il n’a clairement pas compris la blague, mais la suite nous apprendra qu’il est arrivé au Québec qu’en novembre dernier, je lui ai donc pardonné, continuant de rire dans ma tête.

Vient ensuite le moment ou le serveur nous cuisine un fromage frais sous nos yeux, recette incluse. Très cool encore une fois, assaisonné de sel et balsamique, nous nous sommes jurés de recommencer l’expérience à la maison.  J’ignorais qu’on pouvait faire son propre fromage, style ricotta, en si peu de temps.

L’artiste en nous est sollicité pour les plats sucré et c’est en peinturant une toile vierge qu’apparait les desserts qui nous seront servis.

Ici, la mise en scène est bien impressionnante pour une fin de soirée magique.  On nous apporte des guimauves maison qu’on pourra faire grillé sur un petit feu à la table et un cigare en chocolat, délicieux et au look franchement réussi.  Un petit digestif (un peu sucré à mon gout) de gianduja vient complété le pré dessert.  Honnêtement, on est sur le point d’exploser.

On nous apporte des écouteur et c’est sur un rythme de salsa que le serveur nous shaker un Cosmo revisité au gin avec un carré au citron et chocolat blanc.

La touche finale sera un arbre de barbe à papa à l’érable et sa cocotte en terre cuite qu’on brise soi-même renfermant les plus délicieuses meringues à l’érable que j’ai goutées.  On rapporte le tout à la maison, les enfant seront contents.

Nous avons été enchanté par notre soirée, la majorité des plats étaient très bon et le service, divertissant et ajoutant grandement à l’expérience.  On y va au moins une fois pour se gater et manger autrement.  Seul l’avenir nous dira si on y retourne ou si cette formule, pour le moment gagnante, deviendra usée sans être renouvelée.

Chez l’épicier

2e partie de mon cadeau de Noel, nous avons bravé le froid (non, mais on gèle!!!!) et nous sommes dirigés vers le vieux Montréal, direction chez l’épicier. Le nom vous dit peut-être quelque chose sinon celui de Laurent Godbout, le chef de l’endroit qui a participé à l’émission Les Chefs à ses débuts. Bref, la réputation est là, l’endroit est magnifique, idéalement situé devant le marché Bonsecours, mes attentes sont bien installés, tout comme nous dans la confortable banquette avec vue sur la rue enneigée.

Comme je le disais, le resto est superbe avec ses murs d’époque en pierre, ses banquettes en cuir, lumières tamisées et grandes vitrines donnant sur la rue.

Mais le service est frette et pas du tout personnalisé malgré nos tentatives de connecter avec la sommelière. Elle arrive, nous sert nos assiettes, récite ses deux phrases sur le vin en un seul souffle et repart. Bon, pas grave, mon amoureux suffit amplement à réchauffer l’atmosphère de notre souper.

On commence en force avec une douzaine d’huîtres à partager et un petit mousseux rosé. Impossible que ce ne soit pas bon 🤷🏻‍♀️

Comme il y en avait un, nous avons choisi le menu dégustation: 90$ pour 8 plats, pas si mal. Nous prenons aussi l’accord avec les vins. Petite déception ici aussi, je n’ai pas aimé plusieurs vins et je trouvais souvent que l’accord n’apportait rien, ni au plat, ni au vin…

Le premier service était un dashi. Un merveilleux bouillon versé sur des petits champignons et des cœurs de poulet confits et servis en tranches. Ne levez pas le nez, la texture est très bien et c’est délicieux! Bref, une bonne soupe qui réchauffe et réconforte.

Suivait ensuite un morceaux d’esturgeon fumé, accompagné d’une crème de patate et œufs de poisson. Mention spéciale pour la crème qui était délicieuse. Autrement, ce plat était correct malgré que j’ai trouvé une énorme arête dans mon plat.

Puis, on nous servi un tataki de loup marin, purée d’ail noir et de topinambours avec ses chips de sarrasin. Plat original où les chips ajoutent du croquant et un goût salé intéressant.

Suivi après mon plat préféré de la soirée: tartare de filet mignon classique surmonté de poireaux frits. Il était franchement merveilleux, bien assaisonné.

Vient alors le temps du plat de résistance: un effiloché d’agneau enveloppé de feuilles d’oignons dans un bouillon au cumin. Le plat principal, vraiment? Trois minis bouchées, pas de légumes, on a commandé une autre entrée parce qu’on avait mangé 4 plats et avions l’impression de n’avoir à peu près rien mangé. Les photos sont prises hyper proche, on parle ici plutôt de bouchées que de plats.

Nous avons arrêté notre choix sur les pogos de canard. Pas décevants du tout, accompagnés d’une moutarde maison, nous avons eu l’impression, pour la première fois du repas, de manger quelque chose de consistant.

La fin approche et on nous amena une petite bouchée de foie gras, servie avec pommes pochées. Très bon, nous aurions bien aimé avoir un vin pour l’accompagner. La sommelière arrivera lors de notre dernière bouchée avec unTokaj hongrois. Bon, mais ça aurait été mieux pendant. On nous offrira un verre de vin supplémentaire pour compenser.

Nous continuons ensuite avec le pré dessert, une glace à la pomme, surmontée de caramel salé. Bon, mais en plein hiver, j’aurais opté pour quelque chose de moins glacé.

Le dessert sera un de mes plats préférés à cause de son originalité. Une tarte fine avec une garniture de fromage, poire, poivre et coriandre. C’était vraiment bon, mention spéciale à la croûte et très rafraîchissant sans être froid à cause du poivre et de la coriandre fraîche.

Est-ce qu’on y retourne? Honnêtement, j’ai été déçue. Premièrement, les portions étaient microscopiques. Ensuite, à part le tartare et le dessert, aucun des plats ne m’a jeté par terre. Pour le prix et la réputation de l’endroit, je m’attendais à plus. Aussi, et c’est peut-être insignifiant comme commentaire, mais tous les plats sont servis dans des assiettes très foncées, avec les lumières tamisées, on voit à peine ce qu’on mange. Finalement, comme mentionné plus haut, le service, sans être impoli ou inadéquat, était aussi ordinaire que la plupart des plats. Alors qu’il existe tellement de bons resto à Montréal, je dirais platement d’aller voir ailleurs avant d’aller Chez L’épicier.

La Chronique, rue Laurier, Montréal

Pour Noël, mon chéri m’a offert de découvrir, une fois par mois, un restaurant et cela, pendant toute l’année 2019.

C’était notre première date vendredi dernier et j’avoue que j’étais vraiment énervée. Il s’était occupé de tout, de la réservation jusqu’à la gardienne. C’est donc en ayant quasi l’impression d’être en vacances que nous avons quitter tranquillement le bureau.

Arrivés un peu d’avance (!!!), nous avons pris place dans le petit resto où peuvent s’asseoir à peine une trentaine de personnes. Il est tôt et il n’y a pas beaucoup de monde. Qu’à cela ne tienne, ce ne sera pas long que la place se remplira et qu’une ambiance chaleureuse et animée s’installera.

Petit apéro, on nous offre un petit cake au jambon et olives, ainsi que des pains faits maison savoureux.

Nous optons pour le menu dégustation avec l’accord de vins. Ce n’est pas donné, mais nous en aurons pour notre argent. 7 plats, mais finalement 9, 7 vins mais finalement plus, chaque service sera merveilleux, autant pour le palais que pour les yeux.

On nous apporte ensuite une autre bouchée: un royal au fois gras sur pain brioché, chutney de courge et son caramel salé. Heureux mélange sucré -salé, la table est dressée!

Le premier plat fut sans doute un de mes préférés! St-Jacques (qui est une sorte de pétoncle) accompagné d’une purée de panais des plus crémeuses, chips de nori, suprêmes d’agrumes, sur un jus de clémentine réduit. C’était tellement beau et bon, c’était fou. Le vin qu’on nous a servi, un Bourgogne aligoté 2016, était tout simplement magique.

Le deuxième plat, des pâtes à l’encre de sèche, surmontées de chair de homard, maïs, et caviar, le tout accompagné d’une sauce style bisque et son écume citronnée, ne nous a pas déplut non plus! C’était savoureux et réconfortant.

Ensuite, nous avons eu droit à des salsifis (ça rappelle un peu la carotte) en trois façons (à la carbonara, en purée assaisonnée à la truffe et tout simplement grillée). Original, ça accompagnait parfaitement le filet de bar, cuit à la perfection. Une chaire douce et ferme qui se défaisait délicatement en flocons. Encore une fois, délicieux.

Suivaient ensuite des ris de veau, frit et servis avec cube de fois gras mi-cuit et chutney de courges. Plat un peu plus costaux, c’était tout de même très bon, le velouté du foie gras se mêlant bien à celui des ris de veau.

La pièce de résistance, l’agneau de Kamouraska, servi en trois temps et accompagné de chou servi également en trois façons différentes, est celui qui m’a moins plus. Si le filet d’agneau était tendre et délicat, je n’ai pas apprécié la boulette d’effiloché qui avait un goût assez prononcé. La longe d’agneau, quant à elle, ne m’a pas procuré d’émotions particulières. Les choux étaient par contre fabuleux et le tout allait parfaitement avec le vin rouge proposé. L’assiette était également très belle.

Suivirent enfin l’assiette de fromage québécois où Charlevoix était à l’honneur (Migneron et Ciel), ainsi que le dessert. Le chef a su nous finir ça en beauté avec un petit sucré frais, délicat et original pour bien finir notre superbe souper.

Nous avions donc des tuiles de pavlova, servi sur une glace aux litchis et accompagnés de fruits tropicaux. Ça semble simple, mais croyez-moi, c’était merveilleux.

Le sommelier, Jonathan, a pris soin de nous toute la soirée, nous partageant sa passion du vin et nous faisant découvrir de nouvelles saveurs. Il nous a également mis au défi de deviner à l’aveugle certains des vins que nous avons dégusté. Nous étions pourris, mais nous avons eu beaucoup de plaisir.

On y retourne? Certainement!

Europea, 1227 de la montagne, Montréal

Je ne pouvais pas passer sous silence que j’ai eu la chance d’aller me délecter à l’Europea, quasi mythique restaurant de Jérome Ferrer.  Classé Relais & Châteaux, ce restaurant affiche quasiment toujours complet et les réservations sont de mises.  C’est ce que nous avions fait, 3 mois plus tôt et c’est avec deux couples d’amis que nous avons assisté à ce spectacle gastronomique.

Nous avons tous opté pour le menu dégustation de 12 services, tant qu’à y être, nous le ferons en grand! 120$, sans les vins, ce qui, très honnêtement, est bien raisonnable pour ce qu’on nous a servi.  Vous pouvez ensuite choisir l’accord avec les vins; 3 options s’offrent à vous, variant entre 75$ et 225$ pour cinq verres généreux, qui sont à l’occasion remplis une seconde fois.  Raisonnable comme je suis, j’ai choisi l’accord de base et je n’ai pas été déçue: des vins délicieux s’accordant parfaitement avec ce qu’on a mangé.  Fred, plus audacieux y est allé pour la totale et n’a pas été déçu non plus.  Je ne me rappelle pas exactement de tous les vins, mais pour accompagner le foie gras, on lui a servi un château d’Yquem 1996 et avec son dessert, un verre de champagne Dom Pérignon 2004.  Si nous avions acheté ces deux bouteilles à la SAQ, cela aurait couté plus cher que notre repas en entier, taxes et pourboire inclus pour nous deux!

Je n’ai pas pris de photo.  Honnêtement, j’aurais passé la soirée à le faire si je m’étais lancé là-dedans parce qu’en plus des 12 services, on vous apporte des surprises entre les plats, des petites bouchées où la mise en scène est tout simplement géniale et surprenante.

Le service est impeccable.  L’équipe est jeune et dynamique, professionnelle sans être snob ou guindée.  On se sent chez soi, on peut rire fort, avoir du plaisir tout en mangeant la meilleure nourriture qui soit.  Le meilleur des mondes quoi!  Le jeune sommelier était aussi très sympathique, connaissait bien ses produits et était tout à fait disposé à répondre à nos questions.  Il faut aussi dire que les serveurs travaillent très fort et ils sont en grande partie responsables de la bonne ambiance et du spectacle qu’est chaque service.  Ici, le serveur ne se limite pas à déposer votre assiette sur la table; il participe directement à la présentation du plat.  Il fait griller les pétoncles, ajoute une touche de sauce ici, du chocolat fondu sur le dessert, etc.

Je ne vais pas commenter chaque plat de notre menu dégustation, autrement ce serait vraiment redondant avec les mots magnifiques, délicieux, parfait, etc.  Je crois que vous avez compris qu’on a adoré notre soirée et bien que ce ne soit pas bon marché, je crois que mon repas valait chaque dollars qu’il m’a couté et ça, c’est tellement important.  Payer 150$ pour des pâtes avec un peu de vin ordinaire chez Pacini me révolte.  Payer quelques centaines de dollars pour un repas comme ça, qui met en valeur des produits frais, locaux et de saison et qui respecte son client en étant généreux et attentionné, aucun problème pour moi.  Certains dépensent pour des peintures ou des sculptures, moi je dépense pour une autre forme d’art, celle de la gastronomie.

Voici notre menu:

– Cappuccino de crème de homard à la purée de truffe
– Risotto sanguin aux crevettes du Nord Atlantique et betteraves. Jeunes pousses d’épinard et jus de citronnade. Croustilles et écume de fleur de lait
– Calamar citronné et structuré en tagliatelles. OEuf de caille poché, croutons d’encre de seiche au beurre à l’ail (nous avons remplacé ce plat par des pétoncles accompagnés d’une merveilleuse soupe au chou0fleur et la truffe)
– Tronçons de foie gras au torchon maison, croustillants de langoustines aux herbes fraiches. Caramel d’agrumes. Smoothie carotte, pomme verte-gingembre. Son pain brioché
– Filet de bar cuit sur peau à la vapeur et aux agrumes dans une cocotte de foin. Spaghettis de betterave, feuilles d’oseille pochées au jus de pamplemousse et oseille sanguine
– Brume des glaces
– Poitrine de poule de Cornouailles en coque de terre d’argile à briser par vos soins. Pommes de terre au beurre baratté, tiges de salsifis et champignons. Jus de viande aux herbes fumées
– Sundae de bœuf braisé et béarnaise. Jus de civet et pomme parmentière
– La cave à fromages de l’Europea : sélection de près de 100 fromages du Québec à découvrir
– Passeport pour la gourmandise en plusieurs tableaux
– Gourmandises et friandises par excès
– L’arbre à sucreries de Sainte Culpabilité

Une amie avait déjà pris le menu dégustation il y a quelques années et m’avait vendu quelques punchs.  Mon seul petit bémol serait de dire que ces punchs n’ont pas changé.  Alors si j’y retourne, dans quelques années, j’espère qu’ils auront été revisité depuis.  Autrement, si vous avez une occasion particulière, ou une envie de vous gâter, allez sans hésitation manger un des meilleurs repas de votre vie à l’Europea.

 

Restaurant Le Toqué!, place Jean-Paul Riopel, Montréal

À la hauteur de sa réputation!

J’y rêvais depuis que j’avais vu Normand Laprise à Tout le monde en parle.  Auparavant, je ne connaissais pas ce mythique restaurant.  En faisant quelques recherches, je me suis rendue compte que le Toqué n’était pas pour tous les budgets.  Réputation impeccable, chef de renom, menu dispendieux, on ne va pas au Toqué tous les jours.  C’est donc pour l’anniversaire de mon chéri que j’ai décidé de nous gâter (cadeau surement un peu égoïste 🙂 ).  Quelle ne fut pas ma surprise de constater que, non seulement le restaurant était ouvert le midi, mais en plus, à des prix assez raisonnables si on tient compte de l’endroit. Magnifique journée d’été, il fait chaud, nous avons un programme en amoureux, et nous commençons tout cela avec un dîner au Toqué.

On n’a pas franchi la porte qu’on a déjà un petit stress. Sommes-nous assez bien habillé? Est-ce que ce sera snob et guindé? Pas du tout.  Pour le lunch, les gens sont relaxes, jeans et t-shirt sont ici les bienvenus.  Le personnel, avec un uniforme hors du commun, est sympathique et gentil, tout en étant très professionnel.  Le restaurant est beau, moderne, lumineux et chaleureux. Une cave à vin vitrée, avec des bouteilles suspendues, trône au centre du restaurant. Fini le stress, on se sent les bienvenus.

La carte du midi change régulièrement et vous y avez accès en ligne.  Le prix des plats principaux inclus une entrée de votre choix.  Pour chaque plat, on vous propose un accord avec le vin au verre, c’est génial.  La plupart des vins, si ce n’est pas tous, sont des importations privées de grande qualité.  Déjà, on a l’eau à la bouche.

Alors on se lance.  J’opte pour un carpaccio de veau accompagné de son verre de Riesling. DÉ-LI-CIEUX!!!! L’assiette est magnifique et délicate. Des radis et des échalotes françaises ornent les tranches minces de veau. Une petite mayonnaise avec de l’huile, du sel et du poivre viennent compléter le plat. C’est frais, c’est bon, je me délecte.

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Fred opte pour un tartare de thon. OK, je sais, nous avons rayer le thon de notre vie en tant qu’aliment à consommer vu que c’est un poisson qui est en voie d’extinction.  La raison pour laquelle Fred a tout de même pris le plat c’est que le restaurant a acheté un thon en entier, qui avait été péché à la ligne par un monsieur (donc pas issu de pêche commerciale) et que c’était la seule fois que le Toqué servait cette sorte de poisson.  Lorsque tout le thon aurait été mangé, il disparaitrait de la carte.

J’en profite pour vous parler de la philosophie du Toqué quant à la provenance de ses aliments.  Tout d’abord, la plupart des produits sont des produits d’ici, élevé et cultivé par des gens d’ici.  Ils sont aussi issus de culture biologique.  Le restaurant a même son propre potager sur le toit de l’immeuble où il est situé.  Ce qu’on vous sert a donc été manipulé avec le plus grand respect et est d’une fraicheur exceptionnelle.  Des caractéristiques qui font évidemment monter les prix, mais qui vous assurent une expérience culinaire optimale.

Revenons au thon.  Vous vous douterez bien qu’il était fameux, à se rouler par terre même!  Extrêmement frais et tendre, les chefs ont su faire honneur à la bête.  Seul petit bémol, pour ce plat, nous n’avalons pas été convaincu de l’accord avec le vin.

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Comme plat de résistance, j’ai choisi une crêpe à l’effiloché de porc avec une sauce au gingembre.  Petite tendance asiatique avec la mayo épicée, c’était gouteux et parfaitement épicé. Toujours aussi beau dans l’assiette et bon dans la bouche, je n’ai pas été déçue.  La portion était plus que suffisante et le porc fondait littéralement dans la bouche. Je me suis régalée.  Fred a opté pour des pâtes fraiches avec légumes frais et pesto et malgré la simplicité du plat, il fut aussi satisfait.

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Malheureusement, nous n’avions plus de place pour prendre un dessert.  On nous a tout de même offert un petit carré de sucre à la crème au paprika fumé et fleur de sel. J’aime les mélanges audacieux qu’on ne ferait pas à la maison, comme le reste du repas, c’était tout simplement délicieux.

Plus tard, je suis retournée diner au Toqué avec mon amie Claudie.  Le menu avait évidemment changé, mais nous nous sommes tout autant régalée et je bouille d’impatience d’y retourner. Peut-être la prochaine fois essaierons nous la formule du soir et tant qu’à faire, nous prendrons la totale. En attendant, de ramasser mes sous, je vous encourage fortement à vous gâter et à essayer le Toqué, vous ne serez pas déçus!

Si vous alliez diner et que vous prenez un verre de vin avec chaque plat, calculez qu’il vous en coutera environ 50$ par personne, taxes et service inclus.

Je profite aussi de l’occasion pour vous souhaiter une bonne année 2014 remplie de bonheur, de bonne bouffe et de bons vins.  Mais surtout, je vous souhaite la santé, car sans cela, il est difficile de profiter du reste.  Je vais aussi essayer d’écrire plus de blogs, avec l’arrivée de bébé, j’ai été moins productive en 2013.  Il faut dire qu’on sort un peu moins aussi.  Alors, je vous dit à bientôt et merci de me suivre et de me lire, ça me fait chaud au coeur. N’hésitez pas à commenter, que vous soyez d’accord ou non 🙂

Club St-James, rue Union, Montréal

Le club St-James est un endroit mythique. C’est le plus vieux club privé à Montréal, il a ouvert ses portes en 1857. Qui dit club privé, dit accessibilité limitée. Il faut être membre ou invité par un membre pour jouir de ses services. Le club offre des salons privés où gens d’affaires, politiciens et autres peuvent se rencontrer pour discuter, manger ou travailler. Le St-James offre aussi à ses membres une salle à manger ou la nourriture y est excellente, c’est par là que je vous amène.

Vous pouvez manger au St-James matin, midi et soir. Le soir, parfois, ils organisent des soupers gastronomiques à thèmes. J’ai eu la chance d’aller dans un party d’huitre, un souper de homard à volonté, dans un diner épicurien à thématique italienne ou vin et mets sont accordés et leur toute récente innovation, un souper avec un chef réputé. Ainsi, le 27 septembre dernier, j’ai rencontré Jean-Luc Boulay que vous avez peut-être vu à l’émission Les Chefs à Radio-Canada et qui est le propriétaire du St-Amour à Québec, un des restaurants les plus prestigieux de la province.

Laissez-moi vous dire à quel point il est gentil, simple et sympathique. Rien à voir avec certains chefs dont la popularité a eu raison de leur modestie. On nous le présente brièvement et hop, au fourneau, le spectacle commence.

Les diners épicuriens ne sont pas abordables, mais pour ce qu’on mange, le prix est justifier: on parle d’environ 200$ par personne pour un 7 services, avec tous les vins, les taxes et le pourboire. En toute honnêteté, si on reproduisait le menu à la maison (en supposant qu’on en soit capable), vu qu’il y a 7 vins différents, ça ne couterait pas vraiment moins cher et en plus, il faudrait faire la vaisselle 🙂 Et ils ne sont pas cheap dans le vin, on a eu droit à au moins 2 verres de chaque, vin de glace compris.

Le tout commence avec une trilogie de mise en bouche. La première est une eau de tomate avec une boule au concombre qui flotte entre deux eaux. Issue de la cuisine moléculaire, cette bouchée est plus esthétique que gouteuse. L’eau de tomate, transparente, donne vraiment l’impression de boire littéralement une tomate. Imaginez le goût d’une tomate fraîche et buvez-le, on est loin du jus de tomate commercial. L’espèce de boule verte flottante a une texture particulière. Sans être gluante, c’est tout de même mou et il faut la prendre en bouche d’un seul coup et la croquer. Ça explose et ça goûte le concombre, amusant, sans plus. Suivait ensuite un pétoncle cru et tendre à souhait, mariné dans du jus de canneberge. En passant, le jus de canneberge a exactement la même acidité que le jus de citron, on peut donc l’utiliser pour faire des marinades à ceviche. Délicieux et délicat, on en aurait mangé plus. La trilogie se terminait avec une huître de la maison Beausoleil et son écume d’eau de mer. Très bon, encore faut-il aimer les huîtres.

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La première entrée a été selon moi, le point fort de la soirée: Foie gras de la ferme Goulu en trois cuissons, petits fruits du nord & brioche. L’assiette, comme vous pouvez le constater, est magnifique et elle est non seulement délicieuse. 3 façon de faire avec le foie gras, on est aux anges. Gouteux, soyeux, merveilleux. Un vrai plat de roi.IMG_0217

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Le crabe des neiges en ravioli maison avec sa tombée de Bette à Carde et sa mousseuse de crustacés coraillée au gingembre était aussi succulent. Moi qui ne raffole pas des sauces à base de fruits de mer, celle-ci était vraiment bonne. Délicate, parfumée et légèrement salée, elle accompagnait parfaitement les raviolis farcis avec de la vraie chair de crabe. Vraiment bon et beau, comme tous les plats qu’on nous a servi cette soirée-là.IMG_0218

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Le plat principal, le carré de biche & ventrèche de sanglier, praliné de cèpes, légumes d’automne, choux rouge et sauce boréale était bien. Ma pièce de viande par contre, s’est avérée assez coriace par rapport à celle de mon voisin. J’aurais dû la renvoyer en cuisine et en demander une autre car il y avait vraiment un potentiel de tendreté que mon morceau n’avait pas atteint. La ventrèche (qui est en fait un morceau de ventre du sanglier) est une coupe très très grasse avec une texture particulière. Contente d’y avoir gouté, je crois pas ressentir le besoin de récidiver prochainement. La sauce, impeccable, de même que les accompagnements et le petit Margaux grand cru qu’on nous a servi ont contribué au succès de ce plat.IMG_0219

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La crème brulée au fromage Rassembleu avec sa tuile croustillante miel & noisette était magnifique. Moi qui adore le fromage bleu, vraiment, c’était réussi. On nous l’a servie avec un vin de glace Inniskilli, l’accord n’aurait pas pu être mieux. Velouté, explosant de saveur, j’ai vraiment beaucoup apprécié ce plat. Je vais essayer de trouver la recette pour en faire à la maison.IMG_0220

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Le dessert, superbe pour les yeux, était une harmonie chocolat.e fruitée & glacée. On avait donc une crème glacée au cognac qui goutait le Bailey’s, un peut trop forte en alcool à mon goût (qui aurait cru!). Le petit truc au chocolat, avec une texture de truffe était décadent et l’espèce de clafoutti aux fruits, rafraichissant. Évidemment, on était sur le point d’exploser, mais on a quand même tout mangé.IMG_0221

Pour nous achever, on nous a remis une petite boite dans laquelle se trouvait un macaron maison au bleuet et une truffe garnie de petits bonbons pétillants. On achetait ce genre de bonbons étant jeune, on les mettait sur la langue et ça crépitait jusque dans nos oreilles. Amusant et original.

200$ par personne, ce n’est pas donné. Mais si on considère la quantité et la qualité de ce qu’on a bu et mangé, c’est tout à fait justifiable. Vous feriez ce souper chez vous, à supposé que vous avez le talent, le temps et que ça ne vous dérange pas de faire une tonne de vaisselle, je ne suis pas sûre que vous sauveriez beaucoup de sous….

Ce fût une superbe soirée. La bouffe était bonne et belle, les vins, délicieux et en parfait accord avec le repas. Seul petit bémol, j’aurais aimé qu’on vienne nous présenter les plats. On l’a fait pour les mises en bouche, mais par la suite, on nous a oublié. Jean-Luc Boulay est un grand chef, talentueux et sympathique, et j’avoue avoir plus que hâte d’aller dépenser mon certificat cadeau à son restaurant, le Saint-Amour.