Archives de Catégorie: Vins blancs

Chateau Montelena, chardonnay 2008, Californie

Wow!

Achat: acheté au vignoble directement par des amis adorables et généreux qui ont décidé de partager cette bouteille avec nous.

Prix: 50$ au vignoble, 54,50$ à la SAQ

Pays: États-Unis

Région: Napa valley, Californie

Apogée: je crois que c’est un vin qui aurait pu résister au temps vu sa qualité, mais en 2012, il était excellent et prêt.

Mise en contexte: Le château Montelena est un magnifique vignoble situé dans la réputée région de Napa valley en Californie. Tout commence en 1882 lorsqu’Alfred L. Tubbs décide de planter des vignes sur les 254 acres de terrains qu’il venait d’acquérir. En 1886, après avoir construit le château et planter ses vignes, il fait venir un oenologue français. 1o ans plus tard, il est la 7e plus gros vignoble de la région, mais la prohibition viendra mettre un frein à ses activités. Elles reprendront évidemment après la levée de l’interdiction et en 1958, la famille Tubbs vendra le domaine à Yort et Jeannie Frank qui recherchaient un coin tranquille pour leur retraite (avouez qu’on aimerait bien avoir ce genre de retraite aussi!). Ils donneront un deuxième souffle à l’endroit en faisant creuser un étang et en améliorant l’aménagement extérieur. C’est sous le leadership de Jim Barett que l’équipement pour la production du vin sera modernisé. À partir de 1972, on produira d’excellentes bouteilles et c’est, encore aujourd’hui, la famille Barett qui exploite le vignoble. Il y a 4 sortes de cépages qui sont utilisés dans les vins de Montelena : le cabernet sauvignon, le zinfandel, le chardonnay et le riesling.

Dégustation: J’adore les vins blancs, ce n’est un secret pour personne 🙂 Par contre, je ne suis pas très chardonnay, mais des chardonnay comme celui-là, emmenez-m’en une caisse! Tout d’abord, on peut admirer la robe dorée et grasse de ce vin qui se colle agréablement aux parois de notre verre.

Le nez, complexe et assez particulier, révèle des arôme de poire et d’épices (on sent un petit côté anisé). Il est aussi légèrement boisé, à cause qu’une partie des raisins a vieilli en fût de chêne et d’un autre côté, on retrouve aussi le côté minéral dû au stainless de la barique qui a accueilli l’autre partie des raisins. On est perplexe, intrigué, on a hâte d’y gouter.

Et on plonge dans cette robe dorée et on reste tout d’abord surpris, puis on devient amoureux. C’est très particulier parce que le vin ne décèle aucune acidité, oubliez la grimace, vous n’en ferez même pas l’ombre d’une seule. Par contre, on ne retrouve pas de sucre non plus. C’est vraiment spécial, ça goute le beurre, les noisettes. On retrouve le côté gras et fruité de la poire, mais aucun sucré. Nous avons dégusté cette petite merveille avec un tartare de saumon, c’était très bon, mais je crois qu’il aurait bien accompagné une raclette ou une fondue au fromage. J’ai vraiment apprécié le goût comme l’expérience de ce vin spécial qui ne ressemble à rien d’autre de ce que j’ai pu boire avant, surtout pas au chardonnay!

La seule chose qu’on peut lui reprocher, et c’est presqu’impardonnable, c’est qu’il n’est pas disponible ici. Si vous passez aux États-Unis, sur la côte Ouest, j’ai la ferme impression que ce vignoble vaut tout un détour!

Gentil Pfaff 2009

Bon rapport qualité-prix

Achat: SAQ

Prix: 15,90$, mais je crois qu’on peut le trouver en SAQ dépôt donc enlever 15% si vous achetez plus de 12 bouteilles.

Apogée: Prêt à boire

Pays: France

Région: Alsace

Mise en contexte: J’ai eu la chance de goûter du vin de Pfaffenheim lors de mon trop bref séjour à Strasbourg l’hiver dernier. Et j’avais adoré ça. Un vin blanc doux et rond comme je les aime et dont je n’avais jamais entendu parler. Pfaffenheim est une communauté située en Alsace à deux pas de la frontière allemande (avec le nom, on est pas étonné!) 🙂 Quelle ne fût pas ma surprise de retrouver ce nom en SAQ et de m’emparer de la bouteille sur le champ. Parlons maintenant un peu des gens qui produisent ce vin et qui se sont réunis sous le nom de Cave des vignerons de Pfaffenheim.

En 1957, afin d’augmenter leur efficacité au niveau de la production de vin, plusieurs vignerons se sont réunis et ont fondé la Cave vinicole. 2 ans plus tard, les 50 adhérents de la coop récoltaient leurs premiers raisins. 9 ans après, ils fusionnèrent avec la coop d’un village voisin et devinrent donc plus de 100 personnes à produire du vin. Aujourd’hui, ils sont plus de 230 et la Cave de Pfaffenheim est celle qui est la plus récompensée au Concours général agricole de Paris (nous, ça ne nous dit pas grand chose, mais c’est prestigieux).

Nous pouvons évidemment visiter la cave, y suivre des ateliers et déguster du vin. Il y a aussi une boutique où on peut s’approvisionner en vin, eau-de-vie et liqueur. Pour votre information, le vin dont nous parlons en ce moment se vend 6 euros la bouteille (ce qui fait 8,23$…..).

Dégustation: En le versant dans notre verre, on est vite attiré par la couleur doré du liquide. On hume le parfum et on se questionne. Oui, ça sent bon, mais ça sent quoi? Pas facile. Je me risquerai donc à vous dire que j’y ai décelé des odeurs d’abricots et d’agrumes avec un petit côté épicé  très très léger.

Au goût, on est pas déçu non plus. C’est un vin qui est très doux (assez sucré) et très frais. Il est très rond en bouche avec une légère pointe d’acidité et d’effervescence qui sont en partie responsables de la fraîcheur du vin. Loin de nous faire grimacer, au contraire, on a plus tendance à sourire après chaque gorgée. Servez-le très froid, il accompagnera à merveille des fruits de mer au beurre à l’ail (nous avons mangé des scampis et c’était très bien) ou encore des mets asiatiques un peu épicés (genre poulet général Tao).

Pour qu’un accord soit réussi, chercher un vin qui viendra compléter la palette de goût de votre plat. Si vous manger un truc acide (avec du citron par exemple), ne prenez surtout pas un vin avec une trop forte acidité. Ce sera too much et votre plat comme votre vin ne sera pas mis en valeur. C’est pourquoi les vins plus doux se marient très bien avec les plats épicés car ils viennent équilibrer l’ensemble des saveurs qui pénétreront dans votre bouche 🙂

Bref, pour le prix, c’est un bon vin blanc, bien équilibré qui abrite le savoir de plus de 200 producteurs alsaciens. Si vous l’accompagnez bien, vous ne serez pas déçu.

Vigneto du lot Inama Soave classico 2008

Tout simplement merveilleux avec du veau

Achat:SAQ

Prix: 33,00$ (une petite traite) 🙂

Apogée: pas mal bon, dégustez-le maintenant

Pays: Italie

Région: Vénétie

Cépage:  100% Garganega (cépage typique blanc du Nord de l’Italie que je ne connaissais pas!)

Mise en contexte: Nous sommes allés au resto la semaine dernière et avons bu avec des amis une bouteille qui se détaillait 50$, à la SAQ, elle se vend 23$. Je me disais que c’était franchement ridicule de payer 50$ pour un vin qui en vaut la moitié alors qu’à la maison, on se sent fou lorsqu’on paie 20$. J’ai donc décidé de boire moins (bon ça reste à voir…), mais de boire mieux. Nous sommes capables de nous faire des repas dignes des plus grands restos, accompagnons cela de bouteilles qui en SAQ restent tout de même abordables une fois de temps en temps, mais qui au resto seraient totalement hors de prix. On en fera pas ça à chaque semaine, mais une fois de temps en temps, j’aime bien. Alors voilà pourquoi j’ai cédé pour cette bouteille qui selon la SAQ, accompagnait à merveille le veau et nous n’avons pas été déçus 🙂

Depuis 3 générations, la famille Inama tourne autours du vin dans le nord de l’Italie. Bien que leurs vins soient biologiques, cette appellation n’apparaît pas sur l’étiquette. Je les crois sur parole, ça peut être très compliqué et dispendieux de mettre ces 10 lettres sur un produit! En 1991, ils produisent leur première bouteille, presque pour le fun comme on dit ici. Un sauvignon qui s’avéra être une bonne surprise! Les nouveaux vignerons décidèrent de mettre le Soave (qui est une appellation) sur la carte et continuèrent de cultiver le raisin en intégrant d’autres cépages. Depuis 1996, le Vigneto du lot connaît un succès considérable dût à un mélange de méthodes ancestrales, de nouveaux savoirs et de raisins mûrs à point. Vous trouverez beaucoup d’informations sur la dizaine de vins qu’ils produisent sur leur magnifique site Internet.

Dégustation: J’adore et découvre de plus en plus les vins blancs. J’essaie de découvrir de nouvelles choses, il n’y a pas que le Sauvignon et le Chardonnay sur nos tablettes! 🙂 Il y a de petites merveilles, différentes, complexes et magnifiques qui se cachent dans des SAQ à majorité rouge. Dans le cas qui nous concerne, ce qui est assez étonnant avec ce Soave, c’est sa couleur dorée assez intense qui n’est pas sans rappeler les liquoreux. Wow, c’est pas mal beau ça! Ensuite, on sent avidement le liquide et on s’étonne encore. Rien à voir avec les vins blancs fruités que j’ai l’habitude de boire.  Des arômes d’amandes grillées et de miel côtoient un petit côté minéral rafraîchissant. Il faut humer beaucoup pour trouver, c’est magnifique. Et goûte la bouche déjà pleine de salive. Encore le côté minéral et mielleux qui revient, mais on goûte aussi le citron (légère acidité) et le beurre. C’est puissant, rond, spécial, différent. Il reste vraiment, mais vraiment longtemps en bouche. Avec le temps et le plat de veau qui l’accompagnait, le miel prend un peu le dessus sur le reste et l’accord est parfait. J’avais d’abord pensé à un rouge léger pour accompagner le veau, mais la SAQ conseillait d’abord du blanc et franchement, je n’aurais pas pu mieux tomber.  Il parait qu’en Italie il se vend 7 euros, si vous passez par là…. grrrr!

Pour un beau souper en amoureux, à la St-Valentin, pour un anniversaire, pour vous faire plaisir, prenez 33$ (à moins que vous ne soyez en Europe ou aux États-Unis) et émerveillez vos papilles 🙂

Santé!

Riesling McWilliam’s Hanwood estate 2009

Un petit vin de semaine à bon prix ou un bon candidat au kir

Achat: SAQ

Prix: 14,95$ mais en ce moment il y a 1,50$ de rabais

Pays : Australie

Région: Australie méridionale (Sud-Est)

Apogée: prêt à boire, mais mérite de prendre l’air un peu.

Mise en contexte: Fondée en 1877 par Samuel McWilliam, cette entreprise vinicole est une des plus vieilles d’Australie et aussi une des plus connues. 6 générations plus tard, c’est maintenant Scott qui en est à la tête et qui cultive maintenant la vigne dans 45 régions australiennes. C’est une énorme maison qui exporte ses 6 sortes de vins (riesling, chardonnay, carbenet sauvignon, merlot, pinot noir et shiraz) à travers le monde.

Dégustation: À première vue, ce n’est pas impressionnant. Les arômes, timides, ne se laissent pas deviner facilement. On reconnaît les agrumes et un peu de fleurs, mais rien de facilement reconnaissable. Quand je ne reconnais pas l’odeur, ça m’énerve bon 🙂 J’imagine que ça viendra avec l’expérience… Il faut le servir très frais, comme la plupart des vins blancs et avec un petit tour dans le verre, il se laisse découvrir. Ça vaut la peine d’ouvrir la bouteille d’avance, de la mettre dans un seau à glace pour qu’il soit très froid et de le servir ensuite dans les verres un peu d’avance. Le temps de le boire, il aura révélé ses capacités et n’aura pas trop réchauffé. Il est aussi légèrement effervescent, ce qui ajoute une touche de fraîcheur. Par contre, tout nu, il est, à mon goût, trop acide. D’ou la nécessité de le laisser respirer; il s’arrondit avec le temps. Par contre, avec le homard trempé dans le beurre au citron, l’acidité se tolère beaucoup mieux et est même la bienvenue pour alléger l’accord. Encore une fois, l’importance de bien accorder met et vin.

Au goût, il est fidèle à ce qu’on sent. Il est fruité, pas trop exubérant, pas vraiment gras non plus. Sur le site Internet du producteur, on suggère de le boire avec des mets asiatiques. Effectivement, je crois qu’avec du poulet général Tao ou un truc du genre (sauce onctueuse, un peu épicée) ça pourrait aussi être très bien. L’important, c’est de ne pas le servir avec un truc trop acide parce que là, vous allez grimacer. Il faut compenser l’acidité du vin avec quelque chose de rond, sans être trop sucré.

J’ai acheté ce vin parce qu’il était en vente à la SAQ et mis en évidence. À 13$, c’est un bon rapport qualité prix et ça fera l’affaire pour un repas de semaine ou encore, en apéro avec de la liqueur de cassis pour un petit kir qui débutera une belle soirée entre amis ou en amoureux.

L’École no 41 2009, semillon, Columbia Valley

J’allais critiquer, mais je me suis ravisée!


Achat: SAQ à St-Sauveur

Prix: 20,45$

Pays: États-Unis

Région: Columbia Valley, État de Washigton (proche de Seattle, ne pas confondre avec Washington D.C!)

Apogée: Pourrait sûrement vieillir de 5 ans

Mise en contexte: Tout d’abord, laissez-moi vous expliquer comment nous en sommes venus à choisir ce vin. J’ai acheté à Fred pour son anniversaire le livre « Les 1001 vins qu’il faut avoir bu dans sa vie ». Ce qui est décevant de ce livre, c’est que la plupart des vins qu’on nous propose sont soit hors de prix ou introuvables. Mais voilà-ti pas qu’on tombe sur l’École no 41 qui fait parti du lot. On le trouve en SAQ pour environ 30$. Alors, d’un commun accord , on se dirige à St-Sauveur où ils tiennent ce vin. Ce n’est pas la même année que dans le livre, mais on va prendre ce qui passe. À côté, le même nom, mais dans le blanc. Celui-là même qui est l’objet de ce blog. Alors voilà pourquoi ce vin a été l’objet de notre choix. C’est intéressant de goûter un vin qui vient des États-Unis sans être Californien.

L’école no 41 a été fondé par Jean and Baker Furgeson en 2004. C’est maintenant sa fille et le chum de celle-ci qui s’occupe de l’entreprise. La ville, Frenchtown a été fondée par des Français dans les années 1800. Le nom français provient donc de l’école de cette ville qui était située dans le district 41 et rend hommage aux colons qui ont amené la culture du vin dans le région. On peut d’ailleurs visiter le vignoble et le site Internet, je dois l’avouer, est extrêmement complet.

Dégustation: Il faut dire que mes attentes étaient élevées vu les propos du livre. J’oubliais presque que ce qui compte, ce sont nos goûts et non la réputation. Donc, convaincue que j’allais être en extase, j’ai d’abord été déçue. Très déçue. Au nez, on ne sent pas grand chose. On se force, on fait tourner le vin dans le verre pour l’oxygéner et révéler les odeurs et on y découvre un timide melon de miel et un côté floral. En allant sur le site, on indique aussi des arômes de litchis (que je n’ai pas trouvés) et de Key lime, qu’en se forçant, on reconnaît un peu. Au goût, fidèle à son nez, on n’est pas super impressionné. Le vin révèle peu de saveur, mais une acidité trop présente. Ça nous fait presque grimacer. Bon, j’écris mes notes, déçue,  pour le blog car s’il est important de savoir quels vins choisir, c’est aussi intéressant de savoir quel vin ne pas acheter.

Prenant une gorgée en écrivant, je me rends soudainement compte que le vin n’a plus rien à voir avec ce que je buvais 20 minutes plus tôt. L’acidité s’est arrondie, les saveurs se sont révélées. Le melon et le miel sont soudainement très présents. Fred propose de le carafer. Pourquoi pas? L’expérience nous a convaincu. Le semillon de l’École no 41 a besoin d’air 🙂 C’est la beauté du vin. Aux premiers abords, le vin est à la limite de l’insignifiant, un coup bien aéré, c’est un très bon vin. On a pas besoin de le carafer, seulement de le servir pas trop froid, un peu d’avance pour le laisser respirer et vous serez séduits.

Nous l’avons bu avec du thon grillé aux graines de sésame, ça faisait bien la job. Je le conseille aussi avec des sushis et des mets asiatiques. En conclusions, malgré le fait que j’allais écrire le contraire il y a 30 minutes, je rachèterai ce vin, le laisserai vieillir 4-5 ans et le ferai prendre l’air avant de le servir et la madame sera contente 🙂

Riesling, Hospices de Strasbourg, 2008

L’importance de bien accompagner son vin.

Achat: Strasbourg, 15 décembre 2010. N’est malheureusement pas disponible en SAQ  😦

Prix: Environ 10 euros.

Apogée: aurait survécu à quelques années de plus, mais je ne crois pas qu’il se serait bonifié.

Pays: France

Région: Alsace, plus précisément, la jolie ville de Strasbourg.

Mise en contexte: En cherchant des endroits à visiter à Strasbourg lorsque j’y suis allée avec la familia, je suis tombée sur les Hospices de Strasbourg qui produit du vin à Strasbourg même. On peut visiter l’endroit et une grande histoire entoure ce lieu. Finalement, faute de temps, nous n’avons pu y aller, mais j’ai quand même trouvé ce riesling dans une autre boutique et ai décidé que ce serait une des bouteilles que je rapporterais. Voici l’histoire de l’Hospice de Strasbourg.

Fondé en 1395 par des religieux (ça date pas d’hier!), l’Hospice accueuillait, nourrissait et soignait les malades, les pauvres et les pèlerins qui venaient demander de l’aide. L’endroit servait aussi à entreposer des vivres, dont du vin. Les gens, soucieux de se réserver une place au paradis, faisaient des dons à la communauté, non seulement en argent, mais aussi en nature (non non non, pas de mauvais pensées 🙂  ), c’est-à-dire avec des récoltes ou carrément des bouts de terre. Si bien qu’à la fin du Moyen-Âge, l’Hospice possédait plusieurs productions viticoles. La Révolution française passa outre les Hospices et les religieux purent garder la majorité de leur bien, mais cessèrent de faire du vin. Au 17e siècle, l’hôpital se tourne plus vers la médecine (c’est pas à ça que ça sert ???) qu’avant et les rations de vin aux malades diminues (à voir la bouffe qu’on a dans les hôpitaux, c’est aussi bien qu’on ne nous serve pas de vin!)!!! La cave tombe alors en décrépitude. C’est en 1996 seulement qu’on décide de restaurer les installations et qu’on reprend la production.  J’aurais bien aimé y aller.

Dégustation: Au nez, ça sent bon 🙂 On retrouve la pomme, mais surtout une odeur de fruits confits comme on en retrouve dans les gâteaux du temps des fêtes. Avec le passage en verre, on découvre d’autres arômes d’agrumes, de craie, mais aussi une petite touche de bois. Ça donne l’eau à la bouche. On y goûte et on est déçu…. Le goût est très léger, rien à voir avec les multiples arômes qu’on sentait et l’acidité trop présente. Merde, c’est toujours plus décevant quand on a traversé l’Atlantique avec la bouteille. Résignée, j’attaque mon homard bouilli, une saucette dans le beurre au citron, une gorgée de vin malgré tout et là, oups, ça n’a plus rien de comparable. L’acidité s’est résorbée pour faire place à plus de rondeur et de douceur et je me dis: ma vieille, tu as vraiment choisi le plat idéal pour ton vin! Comment je le sais? Mon vin semble vraiment meilleur avec le homard et mon homard est tout aussi délicieux. Pour qu’un accord soit réussi, le plat et le vin doivent ressortir de façon optimale comme dirait Claudie.

Donc, pour l’histoire de l’endroit où il est produit et pour le résultat d’un accompagnement homardesque, oui, je récidiverai dans l’achat d’une bouteille si je retourne en Alsace.  Et si vous y allez, avec ou sans moi :-), allez donc à l’Hospice faire une visite et essayez donc le gewurztraminer et les autres vins tant qu’à y être 🙂

Tchin tchin!

Marc Brédif Riche Vouvray 2008

Parfait avec de la fondue au fromage!


Achat: SAQ

Prix: 19,40$

Apogée: prêt à boire, mais peut se bonifier avec quelques années de plus

Pays: France

Région: Vallée de la Loire (Touraine)

Cépage: Chenin blanc

Mise en contexte: Fondée en 1893, la maison Brédif est depuis, très réputée en France comme dans plusieurs autres pays. Les caves du domaine ont commencé à être creusées au Xe siècle et font partie des plus belles caves de la Vallée de la Loire. On y retrouve des bouteilles datant de 1874! On peut d’ailleurs la visiter et y faire des dégustations. Le baron Patrick de Ladoucette (on ne rie plus avec un nom comme cela!) a repris le domaine en 1980. Brédif produit donc d’excellents Vouvray qui sont très réputés, ainsi que deux autres sortes de vins (un vendange tardive et un Vigne Blanche qui provient d’une sorte de vigne portant le même nom et qui appartient exclusivement à ce vignoble).

Dégustation: Lorsqu’on le sent, on est loin de mes vins blancs fruités présentés dans les autres articles. Il sent très minéral (la terre noire lorsque l’on jardine, les cailloux) et même la craie qu’on utilise pour écrire au tableau. Ayoye, vous direz-vous, a-t-on vraiment le goût de boire cela? Et oui! Premièrement, parce que ça sent particulier, oui, mais c’est tout de même une odeur agréable. Ensuite, parce que ça ne goûte pas ce que ça sent. On distingue des saveurs de fleurs et de melon de miel. Il a une texture grasse (on le voit à la trace qu’il laisse sur le verre, mais on le sent en bouche aussi car tout comme sur le verre, il colle à la bouche). C’est un vin complexe car ce n’est pas facile de déterminer toutes les saveurs qu’il nous présente, idem pour les arômes.

Mais où il devient vraiment formidable, c’est lorsqu’il accompagne une délicieuse fondue au fromage maison, pas l’espèce de pâte commerciale (que j’aime aussi, mais qui n’a rien de comparable avec un mélange acheté dans un fromagerie digne de ce nom). L’accord est tout simplement extraordinaire! L’acidité et la fraîcheur du vin viennent couper le gras du fromage pour nous rafraîchir agréablement. Le fromage vient relever les notes de miel du vin. Bref, ils se complètent à merveille.

Et c’est cela, la beauté du vin. La capacité caméléon à s’épanouir s’il est accompagné d’un plat qui le met en valeur. Et l’inverse est vrai aussi. Bien accompagné, le plat aussi sera relevé. Voilà pourquoi il est important de bien choisir son vin en fonction de ce que l’on mange.

Ce vin nous a été offert par Claudie et Maxime qui ne sont pas nécessairement amoureux des vins blancs, mais ils ont été surpris de voir à quel point l’accord se faisait bien. Je dois dire que j’ai aussi été très agréablement surprise car je n’avais jamais bu de vin de ce genre et franchement, c’était à se rouler par terre!

Je vous le recommande!