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Vins que nous aurons dégustés: prix, accord, dégustation. On se la joue et on se prend pour de grands sommeliers ;-)

Clos du calvaire, Châteauneuf-du-pape 2007

Très bon!

Achat: probablement en Floridebg_clos_du_calvaire

Prix: 30,35$ en LCBO, payé surement moins cher aux États-Unis!

Apogée: est prêt à boire, mais peut encore prendre quelques années.

Cépages: en grande majorité fait de grenache, auquel on a ajouté syrah et cinsault.

Pays : France

Région: Rhone

Mise en contexte: j’adore les Châteauneuf-du-pape en général. Je trouve qu’ils sont à mi-chemin entre les vins plus légers de type Beaujolais et ceux grandement corsés de type Bordeaux. Ce sont aussi des vins qui jouissent d’une bonne réputation et généralement, ils sont de grande qualité (sauf la Fiole du pape, la bouteille poussiéreuse! Ce vin n’a pas de millésime et le monsieur de la SAQ m’a dit que c’était du vin en poudre!). On apprécie aussi les noms des vins qui font référence à la papauté, parfois de façon cocasse. Par contre, ils sont assez dispendieux. Je les considère comme une petite gâterie à s’offrir à l’occasion 🙂

Le producteur de Clos du calvaire est le vignoble Mayard. En affaire depuis 1923, le vignoble est présentement dirigé par une équipe de femmes, chose plutôt rare, dans le domaine du vin. C’est une histoire de famille et on peut aller visiter l’endroit de 43 hectares. Le clos du calvaire est le vin qui est mis en bouteille le plus précocement, 12 à 18 mois après la récolte. Le vignoble produit 6 sortes de vin; 4 rouges, 1 blanc et 1 rosé.

Dégustation: C’est un vin d’été qui nous séduit déjà par sa robe rouge intense, presque cuivrée. Au nez, ce n’est pas compliqué, on sent la confiture de framboise, alléchant. En bouche, on retrouve tout de suite les petits fruits et une note rafraichissante, ce qui est agréable pour un vin rouge et lui donne cet air estival. En finale, on retrouve un petit côté sûr, rien d’agressant, qui rappelle justement les framboise. Nul besoin de carafe, en toute simplicité (si on oublie le prix), il accompagnera à merveille un bon burger de luxe (genre viande de canard, oignons caramélisés et fromage cheddar) ou toutes autres grillades dignes de l’accompagner. Nous l’avons dégusté avec des pâtes au confit de canard et c’était très bien aussi.

Dommage qu’ils ne se trouvent pas en SAQ (par contre, il y a un importateur privé qui a des produits du domaine Mayard), mais vous pouvez être sûrs que j’ouvrirai un oeil la prochaine fois que j’irai chez nos voisins du Sud 🙂

Domaine Zédé, Margaux 2003

Un de mes meilleurs vins à vie!

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Achat: SAQ

Prix: un 27,30$ largement mérité.

Pays: France

Région: Bordeaux

Apogée: 2012, on a été patient car nous avons reçu cette bouteille en cadeau il y a de cela environ 6 ans.

Mise en contexte: Nous savons que la maison noble de Labégorce existe depuis au moins 1332. Les Gorsse, qui était une famille imposante dans la région de Margaux y ont résidé pendant des siècles. Il y a probablement un abbé qui a laissé son nom et avec le temps, l’épellation du nom s’est modifiée. Après la Révolution française, le domaine sera divisé en trois, le domaine Zédé devenant une des trois parties.  La propriété était, et est toujours, entourée de crus et on y fait du vin depuis le Moyen-Âge. C’est en 1905 que la propriété gagnera son premier prix, la médaille d’or, lors de l’exposition de Liège.

Depuis sa construction, le domaine Labégorce a toujours été traité aux petits oignons par les nombreuses familles qui en ont été propriétaires. En 1865, c,est un monsieur Fortuné Beaucourt (avec un nom comme ça, il ne pouvait qu’être riche!) qui en fit l’acquisition. Suivront ensuite la famille Rooryck en 1918, puis les Condom (et oui!) en 1965 et finalement en 1989, Hubert Perrodo. En 2005, M. Perrodo rachète le domaine Zédé qui rejoint ainsi le domaine Labégorce, mais un an plus tard, il mourra subitement et c’est sa fille qui prendra les commandes. Depuis, elle s’est entourée d’une solide équipe afin de conserver la bonne réputation et la qualité des vins qu’elle produit.

Dégustation: Je vous entends déjà protester: un Bordeaux! Autant m’exfolier la gorge avec du papier sablé (j’exagère à peine!). Hé bien, il n’en est rien. Les Bordeaux peuvent être délicieux s’ils sont bien servis, à la bonne température, au bon moment, avec le bon repas. Bref, ils demandent les même soins que n’importe quel vin, la seule chose est qu’on ne peut être négligent avec ses vins car ils ont du caractère, ils doivent être flattés dans le sens du poil afin de révéler toute leur magnificence. On vous demande aussi d’être patient. Patient avant d’ouvrir la bouteille et patient avant de la verser dans les verres. Quelques années dans votre sous-sol, couchée, à la noirceur et ensuite, hop dans la carafe pour une petite heure et vous serez au paradis.

La robe est d’un rouge très foncé avec des reflets presque brunâtres. Au nez, on sent les framboises, le thé des bois, les pruneaux et le sucre caramélisé. On aime ça et on ne se lasse pas de sentir et d’humer ces parfums si alléchants.  Nos papilles frétillent, nous avons assez attendu!

On goute, en espérant qu’on ne sera pas déçu. Et on ne l’est pas. C’est du velours en bouche, aucune acidité, ça descend doucement le long de notre gorge en laissant la place à un soupir de satisfaction. Évidemment, on en redemande.

Nous avons dégusté cette merveille avec un osso bucco et sa gremolata après une journée d’automne à fendre du bois de chauffage. Petit feu dans la cheminée, bonne compagnie, pouvez-vous imaginer une plus belle finale à ce moment? Le goût est fidèle au nez. Aucune acidité, légère amertume rappelant les noix, tout de suite attendrie avec les fruits rouges mûrs, le petit côté mentholé du thé des bois qui rafraichi à la toute fin, c’est un délice.  Accompagné par une viande braisée, assez gouteuse pour soutenir le vin, que demander de plus? Vous verserez peut-être une larme lorsque vous aurez bu votre dernière gorgée. 🙂

Je ne sais pas si on trouve encore ce millésime en SAQ, je vais faire mes recherches et si c’est le cas, dépêchez-vous à aller en chercher avant que je passe faire ma commande 🙂

Chateau Montelena, chardonnay 2008, Californie

Wow!

Achat: acheté au vignoble directement par des amis adorables et généreux qui ont décidé de partager cette bouteille avec nous.

Prix: 50$ au vignoble, 54,50$ à la SAQ

Pays: États-Unis

Région: Napa valley, Californie

Apogée: je crois que c’est un vin qui aurait pu résister au temps vu sa qualité, mais en 2012, il était excellent et prêt.

Mise en contexte: Le château Montelena est un magnifique vignoble situé dans la réputée région de Napa valley en Californie. Tout commence en 1882 lorsqu’Alfred L. Tubbs décide de planter des vignes sur les 254 acres de terrains qu’il venait d’acquérir. En 1886, après avoir construit le château et planter ses vignes, il fait venir un oenologue français. 1o ans plus tard, il est la 7e plus gros vignoble de la région, mais la prohibition viendra mettre un frein à ses activités. Elles reprendront évidemment après la levée de l’interdiction et en 1958, la famille Tubbs vendra le domaine à Yort et Jeannie Frank qui recherchaient un coin tranquille pour leur retraite (avouez qu’on aimerait bien avoir ce genre de retraite aussi!). Ils donneront un deuxième souffle à l’endroit en faisant creuser un étang et en améliorant l’aménagement extérieur. C’est sous le leadership de Jim Barett que l’équipement pour la production du vin sera modernisé. À partir de 1972, on produira d’excellentes bouteilles et c’est, encore aujourd’hui, la famille Barett qui exploite le vignoble. Il y a 4 sortes de cépages qui sont utilisés dans les vins de Montelena : le cabernet sauvignon, le zinfandel, le chardonnay et le riesling.

Dégustation: J’adore les vins blancs, ce n’est un secret pour personne 🙂 Par contre, je ne suis pas très chardonnay, mais des chardonnay comme celui-là, emmenez-m’en une caisse! Tout d’abord, on peut admirer la robe dorée et grasse de ce vin qui se colle agréablement aux parois de notre verre.

Le nez, complexe et assez particulier, révèle des arôme de poire et d’épices (on sent un petit côté anisé). Il est aussi légèrement boisé, à cause qu’une partie des raisins a vieilli en fût de chêne et d’un autre côté, on retrouve aussi le côté minéral dû au stainless de la barique qui a accueilli l’autre partie des raisins. On est perplexe, intrigué, on a hâte d’y gouter.

Et on plonge dans cette robe dorée et on reste tout d’abord surpris, puis on devient amoureux. C’est très particulier parce que le vin ne décèle aucune acidité, oubliez la grimace, vous n’en ferez même pas l’ombre d’une seule. Par contre, on ne retrouve pas de sucre non plus. C’est vraiment spécial, ça goute le beurre, les noisettes. On retrouve le côté gras et fruité de la poire, mais aucun sucré. Nous avons dégusté cette petite merveille avec un tartare de saumon, c’était très bon, mais je crois qu’il aurait bien accompagné une raclette ou une fondue au fromage. J’ai vraiment apprécié le goût comme l’expérience de ce vin spécial qui ne ressemble à rien d’autre de ce que j’ai pu boire avant, surtout pas au chardonnay!

La seule chose qu’on peut lui reprocher, et c’est presqu’impardonnable, c’est qu’il n’est pas disponible ici. Si vous passez aux États-Unis, sur la côte Ouest, j’ai la ferme impression que ce vignoble vaut tout un détour!

Palatine Hills 2010, rosé

Très très bon rosé!

Achat: directement au vignoble, certains produits sont disponibles en LCBO, mais pas le vin rosé.

Pays: Canada

Région: Ontario, Niagara-Lakeshore

Prix: 12$ (on aime ça!)

Apogée: maintenant, ce vin n’est absolument pas fait pour être conservé.

Mise en contexte: John et Barbara Neufeld ont fait l’acquisition de la propriété en 1972. Depuis, ils ont planté une dizaines de cépages, rouges et blancs, provenant surtout de France.

C’est une entreprise familiale qui a récolté plusieurs prix. Ils offrent des vins rouges, blancs, rosés, ainsi que des vendanges tardives et du vin de glace. Certains sont disponibles en LCBO, mais pas encore en SAQ.

Dégustation: ce qu’on remarque avant tout, c’est sa robe. Une couleur framboise intense qui promet une désaltérante expérience par ce chaud après-midi d’été. Vin de fille ou de piscine, comme pourraient dire les mauvaises langues? J’opterais plutôt pour un vin de party, festif et abordable, coloré et surtout, tellement agréable en bouche.

Et le goût est à l’image de son apparence: fruité, sur des notes de framboises et cerises avec une légère pointe d’acidité qui vient nous rafraîchir agréablement. Mais attention, c’est le genre de vin traître, qu’on boit comme du jus et si on ne fait pas attention, on se désorganise rapidement.

En apéro avec des bouchées ou des tapas, c’est parfait. Nous l’avons aussi dégusté avec des huîtres Beausoleil accompagnées de citron et d’une mignonnette (échalottes françaises hachées finement, vinaigre de vin rouge et poivre moulu) et c’était très bon.

Si jamais vous passez dans ce coin d’Ontario, achetez-en quelques bouteilles, vous ne serez pas déçus. Moi qui ne capote pas rosé, je suis soudainement triste de n’avoir acheté qu’une bouteille!

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Moscato Bartenura Provincia di Pavia 2010

Achat: SAQ

Prix: 16,55$ en SAQ ou 12,95$ dans les LCBO

Pays: Italie

Région: Lombardie, plus précisément dans la province de Pavia

Apogée: à boire maintenant, ne se garde pas vraiment

Mise en contexte:

J’adore les vins doux en apéro et un de mes préférés est le Nivole ( un blog viendra sûrement d’ici peu). Le seul petit hic, c’est qu’il se vend près de 12$ le 375ml. Résultat: un peu dispendieux et la bouteille se vide vite si vous êtes plus de 2.  La conseillère à la SAQ nous a donc conseillé ce Moscato en nous disant qu’il ressemblait beaucoup au Nivole. Moins cher, plus grosse bouteille, semblable, elle avait raison. D’ailleurs, c’est le même cépage, le muscat, qui entre dans la composition de plusieurs vins de dessert (qui comme vous le voyez, se boivent aussi très bien en apéro). Autre aspect intéressant; malgré leur goût sucré, ces vins sont moins caloriques dû à un taux d’alcool plus bas (5%). On aime ça et nos fesses aussi 🙂

Bartenura semble être un gros producteur de vin. Je dis semble, parce qu’on ne récupère pas beaucoup d’information sur leur site Internet. Ils produisent donc 17 sortes de vin, leur produit vedette est le Moscato, facilement reconnaissable à sa bouteille bleu ciel. Fait amusant et assez inutile, on retrouve sur le site un bar virtuel qui vous donne des recettes pour concocter des cocktails à base de leurs produits.

Dégustation:

C’est définitivement le cousin du Nivole. Un peu moins effervescent, juste pour dire qu’on sent quelques bulles sur la langue, c’est pourquoi je l’ai classé dans les bulles même s’il en contient moins que les vins mousseux. Au nez, on reconnaît les pêches, un parfum floral se rapprochant du lys et finalement, roulement de tambour, du chocolat blanc, parfaitement reconnaissable 🙂

Il faut le boire très frais parce qu’il est très sucré, ça évite de tomber sur le cœur. 1 seul verre suffit, autre avantage pour les foufounes 😉  Au goût, c’est fidèle à ce qu’on sent: fruité (les pêches), sucré avec un petit goût floral. Je trouve qu’il est moins bien fait que le Nivole, moins raffiné, plus direct, mais c’est tout de même très bon. La prochaine fois, je comparerai les deux, j’aurai peut-être une meilleure idée.

L’été sur la terrasse, ce sera excellent. Ça accompagnera aussi très bien des desserts de style verrine de fruits frais ou encore un bon gâteau au fromage. Mais ce qui serait vraiment très bien, c’est avec du fromage bleu ou un hors d’œuvre à base de fromage persillé.

Bref, gardez-en une bouteille au frigo, ce sera idéal pour des invités de dernière minute ou encore pour célébrer la fin de semaine, un vendredi soir, avec des petites bouchées.

Guerrante Renzo Marinai Panzano 2004

Achat: Caviste dont le nom a été oublié, Florence

Prix: 33 euros (outch!)

Pays: Italie

Région: Toscane

Apogée: 2011

Mise en contexte:

Le site Internet ne nous apprend pas grand chose sur leur histoire en tant que producteur de vin. Le vignoble est situé à Panzano et a une superfie de 30 hectares sur lesquels sont cultivés raisins, blé et oliviers. On peut y séjourner et y déguster leurs différents produits: chianti classico, chianti classico reserva, vin santo, guerrante, etc. Ce qui est intéressant c’est que les bouteilles sont numérotées, nous avions donc la bouteille # 0469 🙂

Maintenant, transportons-nous en Italie.

Fermez les yeux. Imaginez les rayons du soleil sur votre visage, l’odeur de la pizza, des pâtes fraîches, de la pierre, bref des vacances en Italie. Normalement, vous ne devriez pas avoir lu ces lignes vu que vous étiez censés avoir les yeux fermés… Tricheurs! 🙂  Mais bon, maintenant que nous sommes en Italie, vous errez dans une petite rue pavée où s’entassent les petites boutiques, les restos avec leurs serveurs exubérants. Derrière vous, l’imposant Dôme se dresse majestueusement, grimaçant aux nombreuses années qui n’ont pas su lui enlever toute sa splendeur. Et oui, Florence vous accueille les bras ouverts au coeur du Chianti et qui dit Chianti dit vino! Alors nous entrons chez ce caviste dont j’ai oublié le nom mais où les innombrables bouteilles s’entassent et où la belle Maria (bon j’ai encore là, aucune idée de son nom, mais je trouve que toutes les belles italiennes devraient s’appeler Maria) nous invite à consulter son inventaire de bouteilles. Nous lui expliquons que nous cherchons quelque chose de spécial, de typique de la région et de très bon évidemment. Le budget? Bon ce sera notre souvenir florentin donc disons entre 30 et 40 euros. Elle nous entraîne dans les profondeurs de sa cave où les bouteilles un peu plus dispendieuses nous attendent. « Ce vin là sera perfecto »! Pour 33 euros, on le souhaite, on l’achète et nous ressortons le coeur heureux et les poches un peu moins pleines.

Cette bouteille, nous l’avons chérie pendant plus de 2 ans, attendant la bonne occasion, mais aussi, selon les conseils de Maria, qu’elle vieillisse un peu. La bonne occasion se présente, de même que l’âge requis; go go go, on se lance et nous ouvrons. Très brève gorgée anxieuse; ouf, elle n’est pas bouchonnée. Envoye dans la carafe!

1 heure plus tard….

Le steak est prêt, petite musique jazz d’ambiance, les papilles et le nez alertes, je sens. Spécial, mais l’expérience m’a appris qu’un vin peut ne pas être inspirant du nez mais totalement satisfaisant dans la bouche. On sent le tabac, l’humidité, l’automne. C’est difficile à décrire, mais ce sont les deux arômes qui ressortent le plus. Au goût, malheureusement, il est fidèle à son nez. Très minéral, il goûte la roche mouillée, les feuille d’automne après la pluie. Bon vous allez dire; hey Beaudelaire, ça suffit, mais c’est vraiment ça que ça goûte! De plus, il est un peu astringent, à la fin du souper il le sera moins, peut-être aurions-nous dû le carafer 1 heure de plus? Certains vins nécessitent plusieurs heures d’aération… Bref, je suis déçue. Je m’attendais à une explosion de saveur comme peuvent le faire les Chianti, ce n’était pas ça. Je m’attendais à du gros fruit rouge et mûr, ce n’était pas ça non plus. Par contre, il accompagnait bien notre souper car il s’est bonifié lorsque dégusté avec la nourriture.

Mais il y a une chose qu’on ne peut enlever à ce vin, c’est le savoir faire qui se cacher derrière celui-ci. Les notes de dégustations ne répondaient pas à mes goûts certes, mais ça n’enlève rien à la qualité du produit. Il était très gras, bien équilibré et il évoluait avec le temps. À la fin, on distinguait un côté cacao amer, il était moins astringent, le côté boisé dominait plus. Peut-être avons-nous été trop pressés? C’est l’expérience qui rentre comme dirait l’autre, mais ça nous a coûté 33 euros…. Par contre, et c’était le but, lorsque nous avons bu ce vin, notre voyage en Toscane nous est revenu presque comme si nous y étions et ça, ça n’a pas de prix. Ça aurait été la même chose avec une gugusse à 5 euros dans une boutique de touriste? Je ne crois pas car lorsque tu parles vin avec des Italiens, que tu entres dans leurs boutiques, que tu parles de tes goûts, que tu sens, que tu goûtes et que tu vis avec eux, tu pénètres dans leur monde et il s’offre à toi mille possibilités. Ce vin valait 33 euros, mais il n’était pas à mon goût. Disons alors qu’il m’a offert l’occasion d’en apprendre un peu plus sur mes goûts d’alcoolique 🙂

Champagne Louis Roderer brut

Payer pour le nom?

Achat: ABC liquor store, Cocoa Beach, Floride

Prix: 42$ US, 66$ en SAQ, environ 38 euros en France

Apogée: à boire maintenant, mais il semblerait qu’on peut le garder près de 3 ans, sans changement.

Pays: France

Région: Champagne

Mise en contexte: La maison Roederer est une des maisons de Champagne jouissant d’une réputation exceptionnelle et d’un prestige incontesté. D’où ma question en début d’article: payons-nous pour le nom au même titre que des gens vont payer 100$ pour un t-shirt en coton fait en Chine avec un mini logo dessus?

Tout d’abord, on peut affirmer que ce Champagne n’est pas fait avec des raisins cheap provenant d’Asie 🙂 La maison Roederer est propriétaire de plus du 2/3 de ses raisins, elle n’a donc pas besoin d’en acheter beaucoup et s’occupe comme il se doit de ses fruits. Plusieurs producteurs de Champagne achètent 100% des raisins qu’ils utilisent. Les vignes sont chouchoutées et élevées en biodynamie (ils ne possèdent par contre pas l’appellation).

La biodynamie est une forme de culture en harmonie avec la vigne, comme l’agriculture biologique, mais encore plus poussée. Sans entrer dans les détails, ils utilisent le cycle lunaire qui influence la croissance des plantes, les vignes doivent avoir un espace minimum, la production est donc plus modeste mais les vignes sont mieux traitées.

La première cuvée date de 1776. Dès le 19e siècle, le Champagne Louis Roederer connaît une popularité et une réputation de finesse et de qualité. Le Tsar de Russie Nicole II est même à l’origine de la fameuse cuvée Cristal. Il fit envoyer son maître de chais en France et c’est ainsi que fût mise au point cette cuvée exceptionnelle que vous pouvez vous procurer pour plusieurs centaines de dollars. Mais le Tsar exigea que ce liquide divin soit servi dans un contenant à sa hauteur et c’est ainsi qu’on fit faire une bouteille en cristal qui donna son nom au produit.

De plus, afin d’assurer une qualité continue au produit, on utilise des produits qui répondent à des critères stricts, autrement, on ne les utilise pas. La confection de ce Champagne dure au minimum 6 ans (pour la bouteille qui nous concerne qui est la plus bas de gamme de cette maison).

Donc, avec tous ces renseignements, on vient quand même de justifier une portion du prix. Évidemment, le nom l’influence aussi, mais qu’en est-il au niveau du goût?

Dégustation: On est d’abord étonné de la couleur jaune doré assez prononcée du vin. Au nez, on découvre plusieurs arômes différents, difficiles à identifier, mais allons-y tout de même pour le classique pain grillé, mais aussi un petit côté fruité que j’avais rarement senti chez un Champagne rappelant l’abricot ou la mandarine. Les bulles sont très fines, assez nombreuses. Dans la bouche, on sent la finesse du produit. Il y a une bonne fraîcheur due à une acidité bien contrôlée. C’est bon, même si pour ma part, je préfère les Champagnes ou vins mousseux avec une concentration plus forte en sucre. Ce Champagne, il est sec. Donc il accompagnera à merveille des trucs gras; foie gras, fruits de mer même des fromages.

J’ai acheté cette bouteille pour souligner l’achat du bureau d’audioprothésiste par mon amoureux. Pour un événement comme ça, ça prend une bouteille d’exception. Nous l’avons dégusté avec plusieurs hors d’oeuvres; fromages, huîtres en écailles, ailes de poulet, crevettes. Et franchement, c’était délicieux. Bon, les ailes de poulet avec le Champagne ça peut avoir l’air étrange, mais ce n’était pas désagréable en bouche et avec les fromages, j’ai vraiment été surprise 🙂

Comme je l’ai déjà dit, le Champagne a un statut qui le lie souvent aux événements heureux. À ce prix, restons-en là, mais le plus important, peu importe le prix, c’est de vous assurer que vous aimez ce que vous buvez et que vous l’appréciez à sa juste valeur. Et c’est là tout le secret de choisir son vin: ne pas prendre en compte le prix et la réputation de la maison qui le produit. Fiez-vous à vos goûts et faites-vous plaisir 🙂