Archives mensuelles : janvier 2017

L’Atelier de Joel Robuchon, casino de Montréal

Joel Robuchon est rien de moins que le chef le plus étoilé de l’histoire de la gastronomie.  Il détient au total 30 étoiles Michelin, a reçu le titre de chef cuisinier du siècle et accumule les récompenses au fur et è mesure qu’il ouvre des restaurants.  Et nous sommes chanceux, il a ouvert, en décembre dernier, son premier établissement au Québec qui a trouvé résidence au Casino de Montréal.

Premièrement, les réservations sont de mise (casino, jeu de mot!!!), la popularité du chef le précédant.  Ensuite, si vous y allez à un moment ou le casino est prisé (genre le vendredi ou le samedi soir), calculez beaucoup de trafic pour vous rendre.  Le valet vous est gracieusement offert, alors ça vaut la peine.

Situé dans le pavillon du Québec, le restaurant aux lumières tamisées (peut-être un peu trop) est dans les teintes de rouge et de noir, parfait pour un souper à la Cinquante nuance de Grey 🙂 Un grand comptoir entoure la cuisine, ouverte, ou les convives peuvent assister à l’élaboration, très complexe, des plats.  Petit conseil, choisissez une place au comptoir lors de votre réservation pour pouvoir assister au spectacle.  Un serveur est aussi présent en permanence, assurant un service plus que personnalisé.

Évidemment, on sort le portefeuille pour les grandes occasions ou pour se faire plaisir. Le prix est à la hauteur de la réputation de M.Robuchon, mais attention, ce n’est pas surfait, vous allez réellement vivre une expérience ou l’expression art culinaire prend tout son sens.  Je n’ai jamais vu d’aussi belles présentations et lorsqu’on jette un coup d’œil à la cuisine, on comprend, avec 4-5 cuisiniers sur une assiette avec leur pince à sourcil et leur micros instruments, pourquoi l’assiette est aussi belle et toujours chaude.

Nous avons opté pour le menu découverte de saison à 175$, 9 services plus l’accord met et vin a 100$.  L’accord est peut-être ma seule petite déception dans le sens ou les vins qu’on nous a offert, en quantité assez généreuse, ne m’ont pas jeté par terre, ni pour leur gout, ni pour la façon dont ils allaient avec les plats, si vous voulez mon conseil, prenez vous 2-3 verres à votre gout, ce sera moins cher.

Nous avons commencé avec un shooter d’une royale crémeuse au foie gras, voilée d’une émulsion au parmesan et au Maury.  Très bon, avec du foie gras au fond et un gout de parmesan bien prononcé, c’est le seul plat que je n’ai pas pris en photo 😉

Suivait ensuite le saumon bio en tartare recouvert de caviar de Colombie-Britannique et d’une feuille d’or 24k.  C’est clairement un des plats les plus luxueux que j’ai mangé de ma vie.  Par contre, le tartare de saumon était bon, sans plus.  Le caviar était quant à lui, délicieux tout comme les croutons et la feuille de persil frite qui l’accompagnaient.


Fred qui avait choisi l’autre menu dégustation, à 150$, s’est vu offrir un oeuf mollet, farci de caviar et de saumon fumé.  Cette assiette m’a jeté par terre à cause des détails et du gout, un gros wow pour ce plat!


Ensuite, on nous a servi une St-Jacques cuite à la perfection avec une salade d’endives, beaucoup trop amère à mon gout, dommage car le pétoncle était vraiment bon. C’est le plat qui m’a le moins impressionné.


Fred s’est plutôt régalé d’une délicieuse tartelette fine à la truffe noire, beau et bon.


J’ai ensuite mangé une généreuse portion de potage à la châtaigne avec son nuage à la cardamome.  C’est exactement pour ce genre de plat que j’aime aller au restaurant: quelque chose que je ne pourrai jamais faire dans ma cuisine.  Réconfortant, onctueux, c’était très bien.  Par contre, ça a pris beaucoup de place dans mon estomac, j’aurais peut-être ajouté un granité pour faire descendre le tout.  L’alcool et l’heure tardive ajoutant un aspect lourd au repas.


Le homard grillé et ses croutons au poivre de malabar, accompagné de jeunes épinards au wasabi était très bon, la sauce a même été finie avec les petits pains maison, même si je n’avais plus faim.


Suivait ensuite un morceau de flétan en tempura sur un risotto tout simplement dément à l’encre de sèche.  Je ne m’attendais à rien de ce plat et finalement, il était fameux.

Nous avons pris une pause avant de continuer vers le plat de résistance: cerf de Boileau façon Rossini pour moi, caille farcie au foie gras pour Fred.  Le cerf fut mon plat préféré, c’était génial et délicieux et pour être sur de nous achever, on nous a servi une petite portion des pommes de terre pilées façon Robuchon.

Le parfum des iles, le pré-dessert, a été le bienvenu.  Frais, il a donné un 2e souffle à mon estomac, lui permettant de se reprendre pour le dessert. C’était un genre de sorbet aux fruits tropicaux surmonté d’une légère crème à la noix de coco.  On croyait que c’était le dessert, mais non!


Le rubis, magnifique coupe, composée d’une sauce aux fruits rouges avec en son centre une gelée Calpico aux mures, c’était merveilleux de voir le travail du pâtissier, qui est venu nous saluer, dans ce tout petit dessert.  Alors que nous nous effondrâmes sur le comptoir, repus et heureux, la charmante serveuse nous annonça qu’on nous offrait un verre de sauterne et une sélection des desserts que nous n’avions pas goutés.  Nous voila donc avec 3 desserts pour 4, tous aussi bons et beaux.  J’ai gouté pour la forme, mais en toute honnêteté, je n’étais pas capable. Mention spéciale au chocolat en 12 façon et au dessert que nous avons affectueusement nommé la maison des Schtroumphs tellement c’était bon et mignon.


Est-ce que je retournerai à l’Atelier, je l’espère bien.  Le personnel a été tellement gentil, on nous a même fait visiter la cuisine et la nourriture, exceptionnelle tant par sa beauté que par son gout.  Je vous le recommande si comme moi, vous êtes des amoureux de la table.