Archives mensuelles : janvier 2013

Club St-James, rue Union, Montréal

Le club St-James est un endroit mythique. C’est le plus vieux club privé à Montréal, il a ouvert ses portes en 1857. Qui dit club privé, dit accessibilité limitée. Il faut être membre ou invité par un membre pour jouir de ses services. Le club offre des salons privés où gens d’affaires, politiciens et autres peuvent se rencontrer pour discuter, manger ou travailler. Le St-James offre aussi à ses membres une salle à manger ou la nourriture y est excellente, c’est par là que je vous amène.

Vous pouvez manger au St-James matin, midi et soir. Le soir, parfois, ils organisent des soupers gastronomiques à thèmes. J’ai eu la chance d’aller dans un party d’huitre, un souper de homard à volonté, dans un diner épicurien à thématique italienne ou vin et mets sont accordés et leur toute récente innovation, un souper avec un chef réputé. Ainsi, le 27 septembre dernier, j’ai rencontré Jean-Luc Boulay que vous avez peut-être vu à l’émission Les Chefs à Radio-Canada et qui est le propriétaire du St-Amour à Québec, un des restaurants les plus prestigieux de la province.

Laissez-moi vous dire à quel point il est gentil, simple et sympathique. Rien à voir avec certains chefs dont la popularité a eu raison de leur modestie. On nous le présente brièvement et hop, au fourneau, le spectacle commence.

Les diners épicuriens ne sont pas abordables, mais pour ce qu’on mange, le prix est justifier: on parle d’environ 200$ par personne pour un 7 services, avec tous les vins, les taxes et le pourboire. En toute honnêteté, si on reproduisait le menu à la maison (en supposant qu’on en soit capable), vu qu’il y a 7 vins différents, ça ne couterait pas vraiment moins cher et en plus, il faudrait faire la vaisselle 🙂 Et ils ne sont pas cheap dans le vin, on a eu droit à au moins 2 verres de chaque, vin de glace compris.

Le tout commence avec une trilogie de mise en bouche. La première est une eau de tomate avec une boule au concombre qui flotte entre deux eaux. Issue de la cuisine moléculaire, cette bouchée est plus esthétique que gouteuse. L’eau de tomate, transparente, donne vraiment l’impression de boire littéralement une tomate. Imaginez le goût d’une tomate fraîche et buvez-le, on est loin du jus de tomate commercial. L’espèce de boule verte flottante a une texture particulière. Sans être gluante, c’est tout de même mou et il faut la prendre en bouche d’un seul coup et la croquer. Ça explose et ça goûte le concombre, amusant, sans plus. Suivait ensuite un pétoncle cru et tendre à souhait, mariné dans du jus de canneberge. En passant, le jus de canneberge a exactement la même acidité que le jus de citron, on peut donc l’utiliser pour faire des marinades à ceviche. Délicieux et délicat, on en aurait mangé plus. La trilogie se terminait avec une huître de la maison Beausoleil et son écume d’eau de mer. Très bon, encore faut-il aimer les huîtres.

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La première entrée a été selon moi, le point fort de la soirée: Foie gras de la ferme Goulu en trois cuissons, petits fruits du nord & brioche. L’assiette, comme vous pouvez le constater, est magnifique et elle est non seulement délicieuse. 3 façon de faire avec le foie gras, on est aux anges. Gouteux, soyeux, merveilleux. Un vrai plat de roi.IMG_0217

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Le crabe des neiges en ravioli maison avec sa tombée de Bette à Carde et sa mousseuse de crustacés coraillée au gingembre était aussi succulent. Moi qui ne raffole pas des sauces à base de fruits de mer, celle-ci était vraiment bonne. Délicate, parfumée et légèrement salée, elle accompagnait parfaitement les raviolis farcis avec de la vraie chair de crabe. Vraiment bon et beau, comme tous les plats qu’on nous a servi cette soirée-là.IMG_0218

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Le plat principal, le carré de biche & ventrèche de sanglier, praliné de cèpes, légumes d’automne, choux rouge et sauce boréale était bien. Ma pièce de viande par contre, s’est avérée assez coriace par rapport à celle de mon voisin. J’aurais dû la renvoyer en cuisine et en demander une autre car il y avait vraiment un potentiel de tendreté que mon morceau n’avait pas atteint. La ventrèche (qui est en fait un morceau de ventre du sanglier) est une coupe très très grasse avec une texture particulière. Contente d’y avoir gouté, je crois pas ressentir le besoin de récidiver prochainement. La sauce, impeccable, de même que les accompagnements et le petit Margaux grand cru qu’on nous a servi ont contribué au succès de ce plat.IMG_0219

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La crème brulée au fromage Rassembleu avec sa tuile croustillante miel & noisette était magnifique. Moi qui adore le fromage bleu, vraiment, c’était réussi. On nous l’a servie avec un vin de glace Inniskilli, l’accord n’aurait pas pu être mieux. Velouté, explosant de saveur, j’ai vraiment beaucoup apprécié ce plat. Je vais essayer de trouver la recette pour en faire à la maison.IMG_0220

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Le dessert, superbe pour les yeux, était une harmonie chocolat.e fruitée & glacée. On avait donc une crème glacée au cognac qui goutait le Bailey’s, un peut trop forte en alcool à mon goût (qui aurait cru!). Le petit truc au chocolat, avec une texture de truffe était décadent et l’espèce de clafoutti aux fruits, rafraichissant. Évidemment, on était sur le point d’exploser, mais on a quand même tout mangé.IMG_0221

Pour nous achever, on nous a remis une petite boite dans laquelle se trouvait un macaron maison au bleuet et une truffe garnie de petits bonbons pétillants. On achetait ce genre de bonbons étant jeune, on les mettait sur la langue et ça crépitait jusque dans nos oreilles. Amusant et original.

200$ par personne, ce n’est pas donné. Mais si on considère la quantité et la qualité de ce qu’on a bu et mangé, c’est tout à fait justifiable. Vous feriez ce souper chez vous, à supposé que vous avez le talent, le temps et que ça ne vous dérange pas de faire une tonne de vaisselle, je ne suis pas sûre que vous sauveriez beaucoup de sous….

Ce fût une superbe soirée. La bouffe était bonne et belle, les vins, délicieux et en parfait accord avec le repas. Seul petit bémol, j’aurais aimé qu’on vienne nous présenter les plats. On l’a fait pour les mises en bouche, mais par la suite, on nous a oublié. Jean-Luc Boulay est un grand chef, talentueux et sympathique, et j’avoue avoir plus que hâte d’aller dépenser mon certificat cadeau à son restaurant, le Saint-Amour.