Archives mensuelles : novembre 2012

Domaine Zédé, Margaux 2003

Un de mes meilleurs vins à vie!

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Achat: SAQ

Prix: un 27,30$ largement mérité.

Pays: France

Région: Bordeaux

Apogée: 2012, on a été patient car nous avons reçu cette bouteille en cadeau il y a de cela environ 6 ans.

Mise en contexte: Nous savons que la maison noble de Labégorce existe depuis au moins 1332. Les Gorsse, qui était une famille imposante dans la région de Margaux y ont résidé pendant des siècles. Il y a probablement un abbé qui a laissé son nom et avec le temps, l’épellation du nom s’est modifiée. Après la Révolution française, le domaine sera divisé en trois, le domaine Zédé devenant une des trois parties.  La propriété était, et est toujours, entourée de crus et on y fait du vin depuis le Moyen-Âge. C’est en 1905 que la propriété gagnera son premier prix, la médaille d’or, lors de l’exposition de Liège.

Depuis sa construction, le domaine Labégorce a toujours été traité aux petits oignons par les nombreuses familles qui en ont été propriétaires. En 1865, c,est un monsieur Fortuné Beaucourt (avec un nom comme ça, il ne pouvait qu’être riche!) qui en fit l’acquisition. Suivront ensuite la famille Rooryck en 1918, puis les Condom (et oui!) en 1965 et finalement en 1989, Hubert Perrodo. En 2005, M. Perrodo rachète le domaine Zédé qui rejoint ainsi le domaine Labégorce, mais un an plus tard, il mourra subitement et c’est sa fille qui prendra les commandes. Depuis, elle s’est entourée d’une solide équipe afin de conserver la bonne réputation et la qualité des vins qu’elle produit.

Dégustation: Je vous entends déjà protester: un Bordeaux! Autant m’exfolier la gorge avec du papier sablé (j’exagère à peine!). Hé bien, il n’en est rien. Les Bordeaux peuvent être délicieux s’ils sont bien servis, à la bonne température, au bon moment, avec le bon repas. Bref, ils demandent les même soins que n’importe quel vin, la seule chose est qu’on ne peut être négligent avec ses vins car ils ont du caractère, ils doivent être flattés dans le sens du poil afin de révéler toute leur magnificence. On vous demande aussi d’être patient. Patient avant d’ouvrir la bouteille et patient avant de la verser dans les verres. Quelques années dans votre sous-sol, couchée, à la noirceur et ensuite, hop dans la carafe pour une petite heure et vous serez au paradis.

La robe est d’un rouge très foncé avec des reflets presque brunâtres. Au nez, on sent les framboises, le thé des bois, les pruneaux et le sucre caramélisé. On aime ça et on ne se lasse pas de sentir et d’humer ces parfums si alléchants.  Nos papilles frétillent, nous avons assez attendu!

On goute, en espérant qu’on ne sera pas déçu. Et on ne l’est pas. C’est du velours en bouche, aucune acidité, ça descend doucement le long de notre gorge en laissant la place à un soupir de satisfaction. Évidemment, on en redemande.

Nous avons dégusté cette merveille avec un osso bucco et sa gremolata après une journée d’automne à fendre du bois de chauffage. Petit feu dans la cheminée, bonne compagnie, pouvez-vous imaginer une plus belle finale à ce moment? Le goût est fidèle au nez. Aucune acidité, légère amertume rappelant les noix, tout de suite attendrie avec les fruits rouges mûrs, le petit côté mentholé du thé des bois qui rafraichi à la toute fin, c’est un délice.  Accompagné par une viande braisée, assez gouteuse pour soutenir le vin, que demander de plus? Vous verserez peut-être une larme lorsque vous aurez bu votre dernière gorgée. 🙂

Je ne sais pas si on trouve encore ce millésime en SAQ, je vais faire mes recherches et si c’est le cas, dépêchez-vous à aller en chercher avant que je passe faire ma commande 🙂

Chateau Montelena, chardonnay 2008, Californie

Wow!

Achat: acheté au vignoble directement par des amis adorables et généreux qui ont décidé de partager cette bouteille avec nous.

Prix: 50$ au vignoble, 54,50$ à la SAQ

Pays: États-Unis

Région: Napa valley, Californie

Apogée: je crois que c’est un vin qui aurait pu résister au temps vu sa qualité, mais en 2012, il était excellent et prêt.

Mise en contexte: Le château Montelena est un magnifique vignoble situé dans la réputée région de Napa valley en Californie. Tout commence en 1882 lorsqu’Alfred L. Tubbs décide de planter des vignes sur les 254 acres de terrains qu’il venait d’acquérir. En 1886, après avoir construit le château et planter ses vignes, il fait venir un oenologue français. 1o ans plus tard, il est la 7e plus gros vignoble de la région, mais la prohibition viendra mettre un frein à ses activités. Elles reprendront évidemment après la levée de l’interdiction et en 1958, la famille Tubbs vendra le domaine à Yort et Jeannie Frank qui recherchaient un coin tranquille pour leur retraite (avouez qu’on aimerait bien avoir ce genre de retraite aussi!). Ils donneront un deuxième souffle à l’endroit en faisant creuser un étang et en améliorant l’aménagement extérieur. C’est sous le leadership de Jim Barett que l’équipement pour la production du vin sera modernisé. À partir de 1972, on produira d’excellentes bouteilles et c’est, encore aujourd’hui, la famille Barett qui exploite le vignoble. Il y a 4 sortes de cépages qui sont utilisés dans les vins de Montelena : le cabernet sauvignon, le zinfandel, le chardonnay et le riesling.

Dégustation: J’adore les vins blancs, ce n’est un secret pour personne 🙂 Par contre, je ne suis pas très chardonnay, mais des chardonnay comme celui-là, emmenez-m’en une caisse! Tout d’abord, on peut admirer la robe dorée et grasse de ce vin qui se colle agréablement aux parois de notre verre.

Le nez, complexe et assez particulier, révèle des arôme de poire et d’épices (on sent un petit côté anisé). Il est aussi légèrement boisé, à cause qu’une partie des raisins a vieilli en fût de chêne et d’un autre côté, on retrouve aussi le côté minéral dû au stainless de la barique qui a accueilli l’autre partie des raisins. On est perplexe, intrigué, on a hâte d’y gouter.

Et on plonge dans cette robe dorée et on reste tout d’abord surpris, puis on devient amoureux. C’est très particulier parce que le vin ne décèle aucune acidité, oubliez la grimace, vous n’en ferez même pas l’ombre d’une seule. Par contre, on ne retrouve pas de sucre non plus. C’est vraiment spécial, ça goute le beurre, les noisettes. On retrouve le côté gras et fruité de la poire, mais aucun sucré. Nous avons dégusté cette petite merveille avec un tartare de saumon, c’était très bon, mais je crois qu’il aurait bien accompagné une raclette ou une fondue au fromage. J’ai vraiment apprécié le goût comme l’expérience de ce vin spécial qui ne ressemble à rien d’autre de ce que j’ai pu boire avant, surtout pas au chardonnay!

La seule chose qu’on peut lui reprocher, et c’est presqu’impardonnable, c’est qu’il n’est pas disponible ici. Si vous passez aux États-Unis, sur la côte Ouest, j’ai la ferme impression que ce vignoble vaut tout un détour!