Archives mensuelles : septembre 2011

Enzo, Québec

Séjour dans la vielle capitale avec mon amie Claudie. Au menu, sushis dans un resto qu’elle connaît bien et apprécie. On est samedi soir, la réservation s’impose.  Décor zen et urbain, beaucoup de monde, les tables du 2e étage sont convoitées, on nous envoie sur le bord de la fenêtre. 5 minutes plus tard, un serveur nous apostrophe de façon on ne peut moins délicate pour nous dire que cette place est réservée et qu’on aurait pas dû être assise là… Hey le grand, c’est l’hôtesse qui nous a mise là! Donc, on prend nos menus et on se déplace vers une mini table coincée entre d’autres. Ça part mal…. En plus que nous avons dû demander nos serviettes chaudes pour nous laver les mains alors que tout le monde se les faisaient apporter. Mais bon, on prend sur nous et nous commandons le menu dégustation 5 services pour deux avec une bonne petite bouteille de Pfaffeinheim (voir blog sur ce vin).

Premier service: crevettes géantes sur bâtonnet avec sauce aux arachides et pétoncles grillés sauce à l’oursin.  Les crevettes ont une bonne grosseur et la sauce est bonne,  mais rien de bien original. Les pétoncles quant à eux sortaient beaucoup de l’ordinaire. Une sauce à l’oursin, c’est spécial, ça nécessite un moment d’adaptation, mais c’est quand même satisfaisant. Ils étaient cuits à point et il y avait un petit goût pimenté qui n’était pas désagréable non plus. C’était bien. La présentation de tous les plats étaient soignée.

Commence ensuite les plats d’hosomakis. Le premier, le geisha était très frais et assez inhabituel: thon et sauce au basilic. Le mélange est surprenant, mais réussi. Le poisson était aussi très frais. Par contre, je trouvais que la sauce camouflait le goût délicat du thon.  Suivait ensuite le Rosé qui est un sushi au tartare de thon et à la mangue accompagné d’une sauce à l’orange. Mon préféré, c’était vraiment bon! Moelleux et original. Il faut préciser que durant notre repas, le serveur a réussi à se rattraper, multipliant les petites attentions, allant même jusqu’à nous offrir un verre de saké aux prunes, ma foi surprenant et vraiment bon malgré mon dégoût habituel pour cette boisson.

Suivait ensuite le Enzo: thon, asperge accompagné d’une sauce aux champignons et porto. La sauce encore une fois, délicieuse, qui prend par contre le dessus sur le rouleau. Nous avons fini la soirée, avec le dessert Enzo qui est une boule de crème glacée enrobée d’une pâte, frite, et servie dans une réduction de sirop d’érable aux graines de sésame. Est-ce que votre foie vient d’exploser juste à la lecture de cette description? Disons que c’était vraiment sucré et cochon, à partager absolument. Le mélange graine de sésame et sirop d’érable est réussi, la présentation un peu moins, mais bon, les dents sucrées se régaleront sûrement 🙂

Bref, malgré un service ordinaire au début, nous avons passé une belle soirée.  Le menu dégustation coûte 125$ pour 2 et il faut ajouter environ 7$ par dessert plus le vin, taxe et service donc environ 150$ pour deux. J’y retournerai sûrement, par contre, je ne prendrai pas ce menu, je choisirai ce qui m’a allumé. Pour une première fois par contre, le menu dégustation est une bonne option. Entre amis ou en couple, c’est un bon resto pour manger des sushis dans la vieille capitale.

Feliciano, Saint-Sauveur

N’y allez pas!

Nous cherchions un beau et bon resto dans les Laurentides pour fêter notre 8e anniversaire. Ne voulant pas se ruine, un apportez votre vin était une bonne option. On nous a donc parlé de Feliciano sur la rue Principale à Saint-Sauveur. Ni un ni deux, j’étais sur le site Internet à consulter leur menu, attrayant, pas trop cher: vendu!

Arrivons dans ce charmant endroit, une belle maison avec une terrasse magnifique, nous étions contents de notre choix. À l’intérieur, c’est tranquille (on est mardi soir), mais la seule serveuse court partout et malgré qu’elle était très gentille, elle ne fournissait pas. Bon, on s’en fait pas, on jase, on relaxe en attendant.

Nous débutons ce repas avec une salade, César pour moi, du jardin pour Fred. Correcte, présentation ordinaire, difficile de dire si la vinaigrette est maison, mais c’est quand même bon. Suit ensuite nos entrées. J’ai opté pour le carpaccio à la truffe, ça fait des semaines que je me meure pour du carpaccio et Fred a pris des calmars frits. Et c’est à partir de ce moment que s’enchaînent les déceptions. Mini portion, viande pas du tout tendre, pas de vinaigrette donc sec dans mon assiette. Le goût n’est pas mauvais, mais il y a tellement de trucs qui clochent dans mon assiette que s’en est désagréable. La présentation n’est pas soignée non plus. Les calmars de Fred, clairement tout juste sorti du congélateur, sont caoutchouteux, chaud à l’extérieur, mais tiède à l’intérieur comme s’il n’avait pas été assez cuits, de plus, ils ne sont pas croustillants. Bref, très ordinaire.

Bon, on ne se décourage pas, ça peut arriver, nous avons encore de l’espoir en nos plats principaux; escalope de veau de lait sauce citronnée et bavette de boeuf. Les assiettes arrivent, encore une fois, elles ne sont pas belles à regarder et nous avons tout deux les mêmes accompagnements malgré deux plats différents. Je prends une bouchée et retient une grimace. La sauce est tellement amère et acide, ce n’est vraiment pas bon. Les légumes ne sont pas assez cuits et les petites patates non plus. Ça va mal. La bavette de Fred, bien que tendre à souhait, ne goûte absolument rien. Une chance qu’on avait une bonne bouteille pour noyer notre déception (voir prochain blog). De plus, un mal de ventre assez important c’est manifesté après la salade César et nous avons du quitter en apportant nos dessert à la maison. Dessert correct, mais certainement pas fait maison.

Donc, ne vous laissez pas charmer par ce décor enchanteur, car vous déchanterez assez vite de la nourriture. Nous n’avons pas été malchanceux car j’ai été voir d’autres commentaires sur guideresto Voir et ce n’était pas positif du tout. Au moins, vous en êtes avisés!

Champagne Louis Roderer brut

Payer pour le nom?

Achat: ABC liquor store, Cocoa Beach, Floride

Prix: 42$ US, 66$ en SAQ, environ 38 euros en France

Apogée: à boire maintenant, mais il semblerait qu’on peut le garder près de 3 ans, sans changement.

Pays: France

Région: Champagne

Mise en contexte: La maison Roederer est une des maisons de Champagne jouissant d’une réputation exceptionnelle et d’un prestige incontesté. D’où ma question en début d’article: payons-nous pour le nom au même titre que des gens vont payer 100$ pour un t-shirt en coton fait en Chine avec un mini logo dessus?

Tout d’abord, on peut affirmer que ce Champagne n’est pas fait avec des raisins cheap provenant d’Asie 🙂 La maison Roederer est propriétaire de plus du 2/3 de ses raisins, elle n’a donc pas besoin d’en acheter beaucoup et s’occupe comme il se doit de ses fruits. Plusieurs producteurs de Champagne achètent 100% des raisins qu’ils utilisent. Les vignes sont chouchoutées et élevées en biodynamie (ils ne possèdent par contre pas l’appellation).

La biodynamie est une forme de culture en harmonie avec la vigne, comme l’agriculture biologique, mais encore plus poussée. Sans entrer dans les détails, ils utilisent le cycle lunaire qui influence la croissance des plantes, les vignes doivent avoir un espace minimum, la production est donc plus modeste mais les vignes sont mieux traitées.

La première cuvée date de 1776. Dès le 19e siècle, le Champagne Louis Roederer connaît une popularité et une réputation de finesse et de qualité. Le Tsar de Russie Nicole II est même à l’origine de la fameuse cuvée Cristal. Il fit envoyer son maître de chais en France et c’est ainsi que fût mise au point cette cuvée exceptionnelle que vous pouvez vous procurer pour plusieurs centaines de dollars. Mais le Tsar exigea que ce liquide divin soit servi dans un contenant à sa hauteur et c’est ainsi qu’on fit faire une bouteille en cristal qui donna son nom au produit.

De plus, afin d’assurer une qualité continue au produit, on utilise des produits qui répondent à des critères stricts, autrement, on ne les utilise pas. La confection de ce Champagne dure au minimum 6 ans (pour la bouteille qui nous concerne qui est la plus bas de gamme de cette maison).

Donc, avec tous ces renseignements, on vient quand même de justifier une portion du prix. Évidemment, le nom l’influence aussi, mais qu’en est-il au niveau du goût?

Dégustation: On est d’abord étonné de la couleur jaune doré assez prononcée du vin. Au nez, on découvre plusieurs arômes différents, difficiles à identifier, mais allons-y tout de même pour le classique pain grillé, mais aussi un petit côté fruité que j’avais rarement senti chez un Champagne rappelant l’abricot ou la mandarine. Les bulles sont très fines, assez nombreuses. Dans la bouche, on sent la finesse du produit. Il y a une bonne fraîcheur due à une acidité bien contrôlée. C’est bon, même si pour ma part, je préfère les Champagnes ou vins mousseux avec une concentration plus forte en sucre. Ce Champagne, il est sec. Donc il accompagnera à merveille des trucs gras; foie gras, fruits de mer même des fromages.

J’ai acheté cette bouteille pour souligner l’achat du bureau d’audioprothésiste par mon amoureux. Pour un événement comme ça, ça prend une bouteille d’exception. Nous l’avons dégusté avec plusieurs hors d’oeuvres; fromages, huîtres en écailles, ailes de poulet, crevettes. Et franchement, c’était délicieux. Bon, les ailes de poulet avec le Champagne ça peut avoir l’air étrange, mais ce n’était pas désagréable en bouche et avec les fromages, j’ai vraiment été surprise 🙂

Comme je l’ai déjà dit, le Champagne a un statut qui le lie souvent aux événements heureux. À ce prix, restons-en là, mais le plus important, peu importe le prix, c’est de vous assurer que vous aimez ce que vous buvez et que vous l’appréciez à sa juste valeur. Et c’est là tout le secret de choisir son vin: ne pas prendre en compte le prix et la réputation de la maison qui le produit. Fiez-vous à vos goûts et faites-vous plaisir 🙂