Le Continental bistro, Montréal

Vous allez dire: elle passe sa vie au resto?!?!?!?! Et bien oui! Non, sans blague, hier c’était pas prévu, mais vu que je suis prévoyante et que j’ai toujours mon petit kit de survie du blogueur en herbe, j’étais prête à faire face à l’imprévu! 🙂

Laissez-moi vous parler de ma soirée haute en couleur. Premièrement, j’ai eu la chance d’assister à un 5 à 7 (qui a vraiment duré de 5h00 pile à 7h00 pile! Jamais vu ça 🙂  ) en l’honneur de la Fondation Jasmin Roy.

Parenthèse sur la fondation, même si elle n’a rien avoir avec la gastronomie je vous en parle quand même car ça me tient à coeur parce qu’elle contre un problème auquel nous avons peut-être fait face ou connaissons quelqu’un qui en a subit: l’intimidation dans les écoles. Ça peut prendre plusieurs formes; violence verbale, mais aussi physique, harcèlement et même agressions sexuelles.

Nous (papa, maman, petite soeur et moi-même) entrons donc dans ce bar-lounge-restaurant qu’est le NÜVÜ, situé sur la rue Ste-Catherine Est, à Montréal. Le vin coule à flot (moi qui ne veut pas boire la semaine, mais c’est gratuit!!!!!) ainsi que les hors d’oeuvres tous plus délicieux les un que les autres: crevettes grillés sur mousse à l’avocat, crab cake divin et crostini aux artichauts marinés. Jasmin vient à notre rencontre, toujours aussi gentil (et beau et grand, disons -le!), nous remerciant d’avoir accepté son invitation. Il présente à l’assemblée les gens qui ont fondé la fondation avec lui et  nous invite à regarder quelques capsules qu’ils ont enregistré avec des victimes qui ont eu le courage de parler pour dénoncer. 4-5 minutes par capsule, d’une intensité et d’une tristesse (j’ai pleuré tout le long, j’avais honte de mes semblables qui peuvent agir de façon aussi dégueulasse envers d’autres êtres humains qui, souvent, ont eu moins de chance). Les applaudissements fusent et le bel animateur nous présente ses protégés. Elles sont là, les victimes, tous des jeunes, fin ados, début adulte. Je suis impressionnée, mal-à-l’aise, j’ai le goût de leur donner tellement d’amour, de m’excuser pour ce qu’elles ont subi, de les encourager à ne pas lâcher car ils dégagent une force impressionnante de ceux qui ont vécu et qui ont su se relever. Mais je suis trop lâche pour aller les voir, je suis gênée, je ne sais pas quoi dire. On dirait que les mots ne suffisent pas, alors je bois du vin en parlant avec ma mère et ma soeur, les larmes toujours accrochées aux yeux. Et il y a mon papa, fier, pas gêné pantoute, qui va voir tout le monde, leur parle, il semble savoir quoi dire et sous l’effet de l’alcool, je me lève et vais le rejoindre et je commence à jaser avec une jeune demoiselle qui s’est fait violé par des jeunes, qui faisaient une initiation pour un gang de rue, directement dans les toilettes de sa polyvalente montréalaise où personne n’est intervenue pour l’aider. Sa maman est là, on parle, elle sont touchantes, inspirantes, elles vont se battre même si le monde entier semble être contre elles, même si ce sont elles les victimes. Je les serre dans mes bras, leur dit qu’on a besoin de voix qui s’élèvent pour changer la situation, je me sens vraiment petite, j’avais peur de venir leur parler dû à mon malaise, alors qu’elles se battent pour quelque chose de beaucoup plus grand. Et Jasmin qui est encore là, je le remercie, prend une photo et part avec ma famille qui tout compte fait, ne se porte pas si mal. Quand on se compare, on se console…

Bon assez les larmes, même si en écrivant, je retiens encore les miennes. C’est pas de ma faute, si vous saviez à quel point je suis braillarde! Et j’ai faim! Alors d’un commun accord nous nous dirigeons vers le Continental, sur St-Denis, où le tartare est délicieux. C’est la 2e fois que j’y vais, la première était le soir du spectacle de Paul McCartney. On y avait vu Denise Filiatrault, semblerait qu’il y a toujours des personnalités à ce resto 😉

On arrive, il y a quand même plusieurs personnes pour un lundi soir donc Sylvie Moreau, Stefie Shock et Serge Chapleau. Et ben, semblerait que c’est vrai! Le décor est style bistro, dans le fond on peut voir les cuisiniers qui s’affairent. Il y a des familles, des couples, des amis, c’est très décontracte, à la limite un peu bruyant. Le menu est simple, mais tentant. De toute façon, je sais déjà ce que je vais prendre 😉 Le tartare de boeuf, pas trop relevé svp, avec ses frites et sa petite salade. 17,50$.

Papa commande un Chianti superior 2008 Poggiontondo. Il aurait avantage à être carafé et peut-être à vieillir un peu, mais il est typique Chianti. Il sent les cerises, la pâte d’amande et les épices. Au goût, un peu raide, trop acide, d’ou la nécessité d’un petit tour de carafe. 41$ au resto, ne se trouve pas en SAQ, semblerait que ce soit une importation privée…

Et là, je fais une sortie (une autre!). Lorsque vous allez au resto et que vous prenez du vin, vous dépensez rarement moins de 30$ (souvent plus) la bouteille, pour des trucs qui se vendent la moitié du prix en SAQ. Pourquoi ne pas vous faire un bon petit souper à votre goût et ne pas vous payer une bouteille du même prix en SAQ? Pas à tout les jours, mais une fois de temps, question d’évaluer vos goûts et de se payer la traite. Si vous le faîtes au resto, pourquoi pas dans le confort de chez soi? Bref, revenons à nos tartares si vous le voulez bien.

Le service est un peu lent et quand finalement arrive mon assiette, je suis un peu déçue. Premièrement, parce qu’elle croule sous les frites et que je vais être obligée de les manger, ensuite parce que je trouve que la portion viande ne prend pas assez de place. Mais la déception s’arrête là, parce que mon tartare, il est délicieux. Les frites aussi (eh merde…) et la salade est correcte. Disons qu’elle a la fonction de nous faire sentir moins cheap en nous disant; si tu me manges, tu auras au moins le sentiment de manger un peu santé…. Ouin…. Finalement, après avoir mangé la tonne de frites, car on garde le meilleur pour la fin, la portion tartare est ok parce qu’on a pratiquement plus faim. Tellement plus faim que j’ai commandé une crème brûlée (6,50) en dessert, que nous nous sommes partagées quand même. Elle était bonne, faite avec de la vraie vanille, mais trop chaude. L’intérieur n’est pas sensé être chaud même si on a fait grillé la croute.

Donc, je vous recommande tout de même ce petit resto charmant où le gratin québécois se rencontre. La nourriture y est bonne. Les toilettes sont propres. Seule chose, un lundi soir, nous n’avons pas eu trop de mal à trouver un stationnement, sur St-Denis, pour la modique somme de 3$ de l’heure, 2 heures maximum (merci Montréal). Par contre, j’ai l’impression qu’un vendredi ou un samedi, ça peut devenir du sport. D’un autre côté, marcher après avoir mangé comme cela, ce n’est pas une si mauvaise idée 🙂

Fondation Jasmin Roy : http://www.fondationjasminroy.com/

Un des témoignages: http://www.youtube.com/watch?v=qeOSof-A9BU

2 réponses à “Le Continental bistro, Montréal

  1. Lol! Mes élèves m’ont dit ça aujourd’hui! « Coudonc madame, t’es tout le temps au resto! » (Oui, l’art de m’appeler madame et de me tutoyer, mais bon, ce n’est pas le sujet…)

    Je ne sais pas si je pourrais manger une assiette de tartare au complet. J’ai déjà goûté, mais jamais mangé comme plat principal. J’aurais peur que ça me tombe sur le coeur…!?

    Aucun problème avec les frites par contre… 😛

    • oh my god, ça tombe tellement pas sur le coeur! C’est frais, pas gras du tout, menoum, j’en mangerais tellement là tout de suite lol 🙂 mais si on se fait une virée à Montréal, ça pourrait être cool d’y aller ensemble. Et pour ajouter à l’art de tutoyer-vouvoyer, quand il disent : madame, voulez-vous tu… c’est pas pire ça aussi!

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